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Salle comble pour le projet de réseau structurant

La salle du Club social Victoria était bondée mercredi soir pour la première consultation publique sur le projet de réseau de transport structurant. « Emballant » est le mot qui est revenu le plus souvent pour qualifier le projet du maire Labeaume.

Un texte de Louise Boisvert

Plus de 250 personnes se sont déplacées malgré la tempête.

« Vous n’êtes pas ici pour rien », leur a dit d’entrée de jeu le maire de Québec.

Régis Labeaume a promis aux personnes présentes qu’elles peuvent encore faire évoluer le projet . « Je ne vois pas pourquoi on refuserait une bonne idée. »

Pratiquement tous les élus de la ville de Québec ont assisté à la séance, incluant le chef de l’opposition officielle. Pour le reste, il y avait des gens de tous âges.

Cet exercice d’une durée de quatre heures aura permis d’entendre une cinquantaine de questions, des voix surtout en faveur du projet.

« Je n'en reviens pas que je vais voir cela de mon vivant », s’est exclamée une citoyenne, Iris Hermond, en prenant le micro.

Projet inspirant, audacieux et excellent, les qualificatifs étaient nombreux.

« J’ai rarement été emballé par un projet de la sorte », a affirmé Antoine Blais Laroche, résident du quartier Saint-Jean-Baptiste.

Élargir le boulevard Charest

Si la plupart des interventions commençaient par des commentaires positifs, des nuances ont tout de même été apportées.

Plusieurs s’inquiètent du réaménagement du boulevard Charest entre le boulevard Langelier et la rue Marie-de-l’Incarnation pour faire de la place au trambus. Le conseil de quartier craint que la Ville sacrifie les trottoirs sur ce tronçon qui servent de zones tampons au quartier résidentiel.

La Ville a déjà prévu l'élimination des cases de stationnements du côté sud du boulevard. Elle pourrait aussi réduire la taille de trottoirs. Ces hypothèses sont à l'étude. Aucune décision n'a encore été prise.

Une donnée qui avait échappé au maire de Québec qui promet d’y voir.

D’autres se demandent si le projet structurant va entraîner une densification dans des secteurs où des combats sont déjà menés pour limiter la construction d’immeubles en hauteur.

Plusieurs ont réclamé plus de corridors pour les vélos et pourquoi pas, un lien mécanique entre la Basse-Ville et la Haute-Ville, près de la côte Salaberry. « Ça fait 400 ans que l'on monte à pied », a lancé un citoyen.

Peu de voix discordantes

La première consultation se tenait en territoire conquis. La plupart des participants sont venus à pied ou en autobus. Une seule personne a publiquement dénoncé le projet sans détour.

Yannick Stromeï, résident du secteur, croit que ce serait de « l’inconscience et de la mauvaise gestion » que d’aller de l’avant avec le projet, évoquant du même souffle la fable de la Fontaine « La grenouille et le boeuf ».

Il est persuadé que la Ville peut faire mieux pour beaucoup moins cher.

Prendre la parole

Si le maire de Québec s’était bien gardé d’intervenir lors de la dernière série de consultations publiques en juin dernier, cette fois-ci, il s’est levé à trois reprises.

Une première fois pour parler d’interconnexion. « Je peux y aller? », a-t-il demandé avant de prendre la parole devant les citoyens.

« On ne peut pas parler d’interconnexion tant que le maire de Lévis n’a pas fait son travail », a-t-il expliqué. Régis Labeaume a rappelé l'existence de quatre scénarios. Lévis devra choisir celui qui lui convient d’abord.

Le maire s’est aussi levé pour annoncer qu’il va présenter dans les prochaines semaines un projet de revitalisation de quatre secteurs de la Ville qui va accompagner le réseau structurant.

Il a également promis que l’autoroute Laurentienne, entre le boulevard Hamel et la rue de la Croix-Rouge, sera transformée en boulevard urbain. Il a été chaudement applaudi.

Autres consultations

Régis Labeaume entend participer à toutes les séances d’ici samedi, comme il l’avait fait au printemps dernier.

La Ville de Québec a par ailleurs mis en ligne, sur sa page d’accueil, un questionnaire pour connaître l’opinion des citoyens. Il peut être rempli d’ici le 25 avril.

Régis Labeaume s’engage à revenir à la fin de l’exercice pour faire le bilan.

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