Retour

Schéma d’aménagement : l’agglomération de Québec devra refaire ses devoirs

L'agglomération de Québec devra modifier son nouveau schéma d'aménagement et de développement afin de se conformer aux orientations gouvernementales en matière de protection du territoire agricole, une étape qui pourrait retarder le dézonage éventuel des terrains des Soeurs de la Charité.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) juge que certaines mesures contenues dans le plan d’aménagement pourraient nuire au maintien ainsi qu’au développement des activités agricoles et d’élevage sur le territoire de l’agglomération de Québec.

La direction régionale du MAPAQ dans la Capitale-Nationale a fait part de ses réserves dans une lettre envoyée le 21 juillet au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire.

« Des modifications devront être apportées au document avant que celui-ci n'entre en vigueur », prévient le MAPAQ dans sa missive.

Rappelons que le schéma d'aménagement et de développement prévoit le dézonage de terres agricoles représentant une superficie de 925 terrains de football pour répondre aux besoins en habitation des 61 500 nouveaux ménages que l'agglomération, qui regroupe les villes de Québec, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures, prévoit accueillir d’ici 2040.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) et l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec ont dénoncé cette volonté d’empiéter sur l’une des zones agricoles les plus productives de la province. Elles reprochent à l’agglomération d’avoir surestimé le nombre de nouveaux ménages appelés à s'établir sur son territoire.

Projet retardé?

Les objections du MAPAQ risquent de retarder la réalisation d’un développement résidentiel sur les terres des Soeurs de la Charité, dans l’arrondissement de Beauport, qui sont toujours situées dans la zone agricole. Le groupe Cominar et son PDG, Michel Dallaire, souhaitent y construire 6 500 unités d’habitation, un projet qui a l’appui de la Ville de Québec.

Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, confirme qu’aucune demande de dézonage concernant ces terrains n’a été déposée auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Il soutient que leur exclusion de la zone agricole est loin d’être une simple formalité administrative.

« Il faut être capable de démontrer qu’il n’y a pas d’autres lieux disponibles dans la zone blanche, que c’est un projet qui est viable. La Commission de protection du territoire agricole analyse au moins une demi-douzaine de critères », explique-t-il, tout en se gardant bien d’intervenir dans le dossier.

Il y a des audiences publiques où les gens intéressés peuvent se faire entendre et la décision est prise par la Commission, qui a comme vocation de protéger les terres agricoles au Québec. Ce n’est pas fait.

Pierre Paradis, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation

L'opposition loin d'être convaincue

La conseillère municipale Anne Guérette invite la Ville de Québec à faire une demande en bonne et due forme auprès de la CPTAQ et à démontrer que le dézonage des terres des Soeurs de la Charité est « fondamental », ce dont elle n’est pas convaincue.

« La Ville de Québec aura fort à faire pour démontrer qu’on a absolument besoin de ces terres agricoles, affirme l’élue de Démocratie Québec. Nous, on pense qu’il y a suffisamment d’espace en zone blanche pour accueillir le développement des vingt prochaines années. »

Arrêtons de gaspiller des nouveaux terrains et densifions la ville de façon durable. Il y a beaucoup d’espace à consolider sur le territoire et c’est ce qu’il faut faire dans un premier temps.

Anne Guérette, conseillère municipale, Démocratie Québec

La Ville de Québec a fait savoir mardi qu’elle avait engagé des pourparlers avec le gouvernement en vue de déposer une deuxième mouture du schéma d’aménagement et de développement.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?