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Sept cas d'intoxication à l'alcool, chaque jour, chez les jeunes du Québec

Les intoxications à l'alcool sont très fréquentes chez les jeunes du Québec, selon un rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dévoilé mardi. Du 1er janvier au 26 novembre 2017, l'organisme a recensé en moyenne sept cas par jour dans les salles d'urgences des hôpitaux de la province.

Un texte de Carl Marchand

Au total, les services d’urgence ont reçu 2332 jeunes âgés de 12 à 24 ans pour cette raison au cours de la période recensée. Dans le quart des cas, la vie des personnes intoxiquées a été en danger. Aucun décès n'a cependant été signalé.

« Sept cas par jour en moyenne au Québec, c'est beaucoup. Ce qui nous surprend, c'est que le cinquième de ces cas-là n'avaient pas l'âge légal de consommer de l'alcool », détaille Réal Morin, médecin-conseil à l'INSPQ.

Autre constat alarmant, les boissons sucrées fortement alcoolisées comme les marques Four Loko ou FCKD UP ont connu une hausse fulgurante de leur popularité au cours de la dernière année. L'INSPQ indique que leurs ventes ont augmenté de 319 %.

« Ça veut dire qu'il y a eu une mise en marché de ces produits-là, une très grande réceptivité des jeunes. Avec une accessibilité aux produits qui est très grande, parce que c'est facile d'en avoir dans les dépanneurs et parce que c'est vendu très peu cher. Le prix est un facteur clé », ajoute le Dr Morin.

Un prix minimum

Dans son rapport, l'INSPQ suggère notamment au gouvernement du Québec d'établir un prix minimum à 1,71 $ par verre d'alcool standard. Des boissons comme la Four Loko et la FCKD UP se vendaient à 0,75 $ le verre standard.

« Ça évite que des produits trop bon marché deviennent très attrayants pour les jeunes », avise Réal Morin.

L'INSPQ précise que les trois quarts des jeunes qui se retrouvaient à l'urgence avaient consommé des alcools forts et des boissons fortement alcoolisées dont l'effet les avait probablement pris par surprise.

Période de pointe d'intoxication

L'étude a également permis d'établir des périodes de pointes « préoccupantes de la consommation d'alcool ». Chez les mineurs, cette période se situe à la fin des classes au mois de juin. Elle se transporte à la rentrée des classes pour les étudiants du cégep et de l'université.

Une telle étude n'avait jamais été réalisée auparavant selon l'INSPQ et avait été amorcée à la suite d'une demande de l'Assemblée nationale.

Le Dr Réal Morin croit que de poursuivre la collecte de données serait pertinent.

« Les fréquentations à l'urgence des jeunes nous confirment qu'il fallait s'intéresser à cette question-là et qu'il faut agir. Il faut pouvoir prévenir ces cas d'intoxications qui peuvent être très dangereux, on en a eu un malheureux exemple récemment », conclut le médecin-conseil, en référence au décès de la jeune Athena Gervais.

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