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Sextorsion: prison réclamée pour Cédrik Fortier

La Couronne réclame 12 mois de prison pour un jeune homme qui a menacé de publier des photos d'adolescentes nues, alors que son avocat propose l'imposition de travaux communautaires.

Cédrik Fortier, originaire de Québec, a plaidé coupable à des accusations d'extorsion pour avoir profité de la naïveté de cinq adolescentes pour leur demander des photographies.

Au début de 2015, alors qu'il était âgé de 19 ans, Fortier a utilisé deux comptes Facebook pour berner les victimes âgées de 14 à 16 ans.

Avec une fausse identité, il a notamment menacé physiquement une adolescente de 15 ans pour d'obtenir davantage de photos de sa part.

Il a par la suite utilisé sa vraie identité pour rassurer la victime et gagner sa confiance en retirant d'un site une photo compromettante. Le jeune homme lui a alors fait du chantage pour obtenir de nouveaux clichés.

« C'est une attaque psychologique qui cause des dommages irréversibles et permanents », a plaidé le procureur de la poursuite, Me Michel Bérubé. L'avocat a spécifié qu'une des victimes était une première de classe et aspirait à des études en médecine avant d'être gravement affectée par le crime. « Elle a passé à deux doigts de se suicider », a ajouté l'avocat.

Cédrik Fortier s'est dit désolé du tort causé. « C'est tellement immature, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça », a témoigné celui qui termine ses études secondaires dans une école pour adultes en ce moment.

Le jeune homme a depuis les faits suivi deux thérapies, et représente un risque de récidive peu élevé selon un agent de probation qui l'a rencontré.

Son avocat, Me Pascal Defoy, estime que le jeune homme ne mérite pas la prison et qu'une probation de trois ans et 240 heures de travaux communautaires représenteraient une peine adéquate.

En poursuite, la Couronne a fait valoir au juge qu'il devait envoyer un message clair pour dissuader quiconque à agir de la sorte.

« À partir de quel âge peut-on accéder à Internet sans craindre de se faire hameçonner par un prédateur? », a demandé Me Bérubé pour appuyer sa demande.

Le juge Christian Boulet a mis la cause en délibéré et annoncera la peine du cyberprédateur en décembre.

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