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Silos de granules : le projet de Rentech vers un fiasco?

Le projet de granules de bois entreposées dans les silos blancs au port de Québec est en voie de devenir un véritable fiasco. Rentech, l'entreprise responsable des services de transbordement et d'entreposage, fait face à une poursuite de 2,39 millions de dollars du Canadien National (CN).

Un texte de Cathy Senay

Le CN a déposé sa poursuite en Cour supérieure du Québec le 20 février dernier. Dans son rapport annuel, Rentech explique qu’elle s’était engagée au passage d’au moins 3600 wagons de granules de bois annuellement provenant des usines de Wawa de même qu'Atikokan et dédiés à la l'entreprise britannique Drax.

Le contrat avec le CN prévoyait une pénalité de 1000 $ par wagon manquant. Le Canadien National réclame ainsi 2,39 millions de dollars à Rentech pour ne pas avoir acquitté cette somme.

Deux usines en difficulté

En fait, plus aucun granule de bois produit par les deux usines ontariennes de Rentech ne va transiter par le port de Québec pour l’instant.

Les silos, d’une capacité de 37 000 tonnes chacun, construits avec empressement en 2013, sont vides et risquent de l’être encore pour longtemps.

En janvier 2017, un chargement de 45 800 tonnes de granules de bois a été expédié à la compagnie Drax en Angleterre. Aucun autre n’a été envoyé depuis. Un mois plus tard, la direction de Rentech a dû arrêter toute activité à son usine de Wawa en Ontario en raison de problèmes de rentabilité et des coûts de production élevés.

Rentech réfléchit à différents scénarios quant à l’avenir de cette usine, incluant sa vente. La direction a aussi réduit la production de granules de bois à son autre usine ontarienne d’Atikokan.

Le rapport annuel spécifie clairement que Rentech n’a aucune intention en ce moment de produire de granules de bois et d’assurer leur transfert par le port de Québec vers la centrale électrique de Drax.

Rentech a pourtant conclu un contrat de 10 ans avec cette compagnie pour une production d’environ 400 000 tonnes de granules de bois par année.

Toute cette situation est fort regrettable pour James Dinan, qui a vécu toute sa vie tout près de l’anse au Foulon et a suivi la saga liée à la construction des silos d’Arrimage Québec.

« Du jour au lendemain, nous ici au Cap-Blanc, on réalise qu’il y a une fébrilité pour construire deux silos sans aucune étude. […] Je ne comprends pas comment des gens d’affaires auraient pu arriver avec d’autres conclusions. Moi-même, je me suis dit : "ça n’a pas de bon sens. Il y a vraiment trop de questions" », se souvient-il.

Daniel Guay, de l'organisme Accès Saint-Laurent Beauport, partage le même point de vue critique que M. Dinan face à l'administration portuaire. « Ce qui nous choque, c’est qu’on a fait les choses très rapidement sans consultation publique et là, ça ne marche pas. Ça meurt dans l’œuf. »

Un gros investissement

Arrimage Québec a fait construire les deux silos pour 20 millions de dollars. En 2013, elle a signé un contrat de location de 15 ans avec Rentech pour les services de transbordement et l’usage exclusif des deux silos pour l’entreposage.

De ce contrat de location, en date de décembre 2016, Rentech doit une somme d’environ 13,5 millions à Arrimage Québec. Cette dernière a refusé notre demande d’entrevue et Rentech n'y a pas donné suite non plus.

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