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Sort des vétérans de l'armée : un ancien militaire contredit Labeaume

Contrairement à ce que le maire de Québec affirmait mercredi, Ottawa s'occupe bien de ses soldats à leur retour du champ de bataille, insiste l'ex-militaire Claude Simard. Il croit toutefois que Régis Labeaume « n'a pas 100 % tort », puisqu'il faudrait assurer un suivi à plus long terme en santé mentale.

Mercredi, lors de l’annonce d’un match de baseball-bénéfice pour la Fondation des amis de l’Aviation royale du Canada, Régis Labeaume a laissé tomber que « le gouvernement fédéral s’occupe mal de ses soldats ». Il juge « effarant » le nombre de militaires aux prises avec un stress post-traumatique.

Sans être d’accord, Claude Simard voit dans ces propos une part de vérité. « Là où je trouve que c'est vrai un peu ce que le maire Labeaume dit, c'est que deux, trois, quatre ou cinq ans après, on oublie de sensibiliser ces gens-là pour leur dire les [ressources] qui sont encore là. »

Claude Simard juge que les services offerts sont « incroyables ». L’ex-soldat parle en connaissance de cause : s’il donne aujourd’hui des conférences sur la santé mentale, c’est qu’il a lui-même bénéficié de ces services après avoir été déployé en Afghanistan.

Moins de stigmatisation

Selon lui, la préoccupation des Forces armées pour les questions de santé mentale est largement plus grande aujourd’hui que dans les années 1980 ou 1990.

« Avant ça, quelqu'un allait en santé mentale, c'était un faible, c'était un pas bon, soutient-il. Aujourd'hui, les gens comprennent la réalité, surtout les supérieurs. Ils vont appuyer leurs militaires qui ont besoin de services. »

N’empêche que parfois, on néglige l’apparition tardive des problèmes de santé mentale, selon lui.

Prévenir le « tsunami »

Claude Simard donne en exemple la guerre de Bosnie. Des militaires qui y ont participé auraient réalisé la gravité de leur condition uniquement après des années. « Le tsunami, il faut le prévenir », illustre-t-il.

« Quand ils reviennent, ils rencontrent un travailleur social, ils sont suivis un par un et en groupe, dit-il. Ils font beaucoup de prévention avant de partir en mission, puis après la mission. »

Mais « il faut le faire continuellement », dit-il. Il affirme en avoir régulièrement la preuve lors de ses prises de parole publiques.

Un autre point à améliorer selon lui serait de rendre plus facilement accessible l’aide financière offerte par Ottawa.

« Pour engager un travailleur social, donne-t-il en exemple, le processus pour avoir un poste de plus est tellement long qu'il y a des gens qui attendent pendant ce temps-là. »

Duclos en désaccord

Pour sa part, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, ne partage pas du tout le point de vue du maire Labeaume sur le sort réservé aux militaires. Il soutient que le fédéral prend à cœur la santé et le bien-être de tous ceux qui servent ou ont servi dans l'armée.

« Nos vétérans méritent notre reconnaissance et notre respect indéfectibles pour leur service. [Le ministre Duclos] prend en considération les besoins des vétérans dans toutes ses politiques sociales, que ce soit la nouvelle stratégie sur le logement ou encore les programmes de la lutte à l'itinérance. Par ailleurs, notre gouvernement a pris différentes initiatives pour mieux soutenir les familles et assurer le bien-être des vétérans, à l’aide de nouveaux programmes pour que les anciens combattants bénéficient d'un meilleur soutien pour leur santé mentale, leur éducation et leur retour sur le marché du travail. Notre gouvernement est là pour nos militaires et leur famille », a-t-il indiqué jeudi soir par l'entremise de son attachée de presse.

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