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Sortie de Lise Thibault : une décision « prévisible »

Bien qu'il soit rare qu'un détenu qui ne reconnaît pas ses crimes obtienne une libération anticipée, la sortie de prison Lise Thibault était « prévisible », selon l'avocat criminaliste Rénald Beaudry. Le faible risque de récidive que représente l'ex-lieutenante-gouverneure de 77 ans a joué en sa faveur.

« Règle générale, quand les gens ne reconnaissent pas [leurs torts], on ne les remet pas en liberté, explique l'avocat. C'est la partie qui m'a surpris. »

L'ex-lieutenante-gouverneure du Québec a été libérée jeudi après avoir passé trois mois à l'Établissement de détention Leclerc, à Laval. Elle a obtenu une sortie préparatoire après avoir purgé le sixième de sa peine de 18 mois pour fraude et abus de confiance.

« Dans ce cas-ci, on a soupesé la reconnaissance de culpabilité versus le danger de récidive », explique Me Beaudry.

Comme la Commission, il convient qu'il y a peu de risque que l'ex-lieutenante-gouverneure commette une nouvelle infraction. « Il n'y a aucun danger de récidive parce que c'est un contexte qui était très particulier dans lequel les infractions ou les crimes ont été commis. Elle ne risque pas de se retrouver dans les mêmes situations. »

Dans sa décision, la Commission souligne que la septuagénaire ans a de « la difficulté à admettre [sa] responsabilité dans les délits » et exige un suivi psychologique afin qu'elle poursuive sa réflexion.

Un test pour la libération conditionnelle

Cette permission de « sortie préparatoire » avant la libération conditionnelle n'est pas exceptionnelle. « Cette période entre le sixième et le tiers [de la peine], c'est pour voir si la personne va fonctionner dans la société, va être capable de rentrer dans les rangs. »

Si elle respecte toutes ses conditions de remise en liberté, Lise Thibault obtiendra vraisemblablement sa libération conditionnelle au tiers de sa peine, selon Rénald Beaudry.

Me Beaudry ne croit pas que la justice est trop clémente en permettant une sortie au sixième d'une peine. « D'une part, ça peut sembler peu effectivement, mais d'autre part, donner une récompense à un détenu pour dire si tu fais ta part, la société aussi va faire sa part, c'est donnant-donnant, gagnant-gagnant. »

En plus de sa peine de prison, la femme de 77 ans a été condamnée à rembourser 300 000 $ aux gouvernements fédéral et provincial. Le gouvernement du Québec a aussi intenté contre elle une poursuite civile de 92 000 $.

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