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Sous l’eau avec les meilleurs apnéistes au monde

Sylvain Desaulniers vivra le plus grand moment de sa carrière. Dans moins de deux semaines, le Québécois de 38 ans participera au Championnat du monde d'apnée sportive à Belgrade, en Serbie.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Sylvain Desaulniers fait partie des quelque 150 apnéistes qui se réuniront dans la capitale serbe du 23 au 1er juillet, pour la plus grande compétition de l’Association internationale de développement de l’apnée (AIDA).

Les participants s’affronteront dans trois épreuves: l’apnée statique, où le plongeur immobile tente de garder la tête sous l’eau le plus longtemps possible; l’apnée dynamique, avec et sans palme, où le plongeur doit parcourir la plus grande distance sous l’eau.

Lorsqu’on lui parle de l’aventure qu’il s’apprête à vivre, ses yeux s’illuminent. « Peu importe le résultat, ça va être quelque chose dont je vais me souvenir longtemps, c’est sur. Ça va être une autre game! Ça va être contre les meilleurs au monde. »

Record canadien

Le conseiller en finances de Québec est détenteur du record canadien d’apnée dynamique avec palme.

Le mois dernier à Montréal, il a réussi sa meilleure performance à vie.

En apnée dynamique, Sylvain Desaulniers a franchi une distance de 206 mètres (plus de 4 longueurs de piscine de dimension olympique) et il a du même coup battu une marque canadienne vieille de 10 ans.

« C’est 45 mètres de plus que ce que j’avais fait de mieux à date. Je ne m’attendais pas à ça pantoute », raconte-t-il.

Sur la scène internationale toutefois, même s’il était en mesure de répéter cette performance exceptionnelle, il sait qu’il ne peut espérer une médaille.

« C’est une autre game. Il y en a trois dans le groupe qui ont déjà fait 300 mètres en apnée dynamique. La marge est très haute. Je suis encore loin, mais je veux au moins me mesurer à eux autres pour voir ce que je suis capable de faire. »

Voler sous l’eau

Membre du Club d’apnée sportive de Québec depuis sa création en 2013, Sylvain Desaulniers a toujours eu une attirance pour l’immersion.

Mais si la vie sous l’eau est paisible, c’est tout un stress physique et mental qui attend le spécialiste de la plongée sportive qui retient son souffle.

« Il faut éliminer toutes les pensées parasites. Tout ce qui peut te passer par la tête. Il faut se concentrer sur une idée. Pour moi, j’imagine un beau paysage.

Reste que le combat entre le corps, en manque d’oxygène et en surplus de monoxyde de carbone et le cerveau, en quête du dépassement de soi, est constant.

« Avec l’expérience, on sait baisser le volume du message que le corps envoie. »

La sécurité avant tout

L’apnée sportive se fait dans un environnement très sécuritaire, assure Sylvain.

Chaque plongeur possède une formation complète et toutes les performances sont supervisées par un collègue. « Le danger survient quand des gens pratiquent l’apnée en dehors du cadre établi », dit-il.

Reste que le plongeur doit connaître ses limites et les respecter. Il faut éviter que la chasse au record personnel ne vienne brouiller le jugement.

« Il faut tester ses limites petit à petit, une étape à la fois, en étant prudent. On ne sait jamais. Des fois, on peut se surprendre et faire une super performance ou ça peut aussi être les dix mètres de trop pour ton corps. »

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