Certaines histoires sont dignes d'un scénario de film. Le parcours de Pierre Serval en est un exemple. Ce père de famille d'origine française de 86 ans, infirmier à la retraite, a été membre d'une célèbre chorale durant la Deuxième Guerre mondiale. En ce jour du Souvenir, il se rappelle l'importance du chant pour lui sous l'occupation allemande.

Un texte de Cathy Senay

En 1941, Pierre Serval a été admis au sein des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, une chorale fondée en 1907. Orphelin, ce jeune garçon de 12 ans doué pour le chant est pris en charge par le chœur. En pleine guerre, 1943 sera pour lui une année marquante.

Pierre Serval se souvient que le gouvernement français du maréchal Pétain encourageait la tenue de spectacles dans les camps de travailleurs et de prisonniers français en Allemagne.

Avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, M. Serval a chanté dans 25 camps en 23 jours. « Ça nous faisait plaisir d'arriver à les distraire et leur apporter un peu de bonheur. On était conscients de ça », affirme l'homme qui habite aujourd'hui à Québec.

Un film marquant

Plusieurs mois plus tard, les Petits Chanteurs à la Croix de Bois étaient invités à tourner le film La cage aux rossignols, mettant en vedette des enfants en réadaptation dans une maison de correction. Le chant devient pour eux thérapeutique.

Le film Les choristes, produit il y a 10 ans, est une adaptation du premier film auquel Pierre Serval a participé. Le jeune homme avait 14 ans à l'époque, et les longues heures de répétition avec le chœur le gardaient loin des images et des malheurs de la guerre.

Le film a été tourné à Paris, de jour comme de nuit, dans des conditions difficiles, en pleine occupation allemande.

Pierre Serval se rappelle sa sortie, en septembre 1945. « Ça a été touchant, on s'est remémoré ce qu'on avait vécu. Toutes les situations que nous avions vécues à cause de la guerre : les privations, les voyages compliqués avec l'autobus qui marchait au gazogène », se souvient-il.

Un service militaire écourté

En 1949, à 20 ans, Pierre Serval commence son service militaire. Encore une fois, le chant le tient loin de la réalité militaire.

« Normalement, ça aurait dû être un an le service militaire, mais j'ai été libéré par anticipation. Monseigneur Maillet avait besoin de moi pour chanter comme ténor aux États-Unis avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Il avait des entrées au ministère de la Guerre et il m'a fait libérer. »

Le chant est demeuré dans la vie de Pierre Serval. Il a quitté la France en 1957, avant de s'établir à Québec avec son épouse trois années plus tard.

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