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Stéphane Veilleux : Le samouraï beauceron du hockey japonais

Stéphane Veilleux a joué plus de 500 parties dans la Ligue nationale de hockey principalement pour le Wild du Minnesota. En 2016, après quelques séjours dans la Ligue américaine de hockey, en Finlande et en Suisse, il se trouve à la croisée des chemins. Les jeunes sont bons, ils veulent faire leur place, son agent est clair, il lui sera difficile d'avoir un contrat. Mais il a reçu une offre. Au Japon! C'est le début d'une nouvelle aventure pour le Beauceron..

Un texte de Philippe Grenier

Depuis 3 ans, Stéphane Veilleux joue dans la Ligue asiatique de hockey sur glace pour les Oji Eagles de Tomakomai, une ville de plus de 150 000 personnes, située dans le nord du Japon.

Les 20 et 21 janvier derniers se déroulait la coupe du Japon à Tokyo. Un tournoi important disputé entre les 4 équipes nippones de la ligue.

« C'est une super belle opportunité de continuer ma carrière de hockey, ça toujours été ma passion, quelque chose que j'ai mis beaucoup de travail. Le fait d'avoir une opportunité et de continuer pour quelques saisons, c'est une belle expérience »,souligne-t-il.

« Au début, il y avait une petite intimidation à cause de mon bagage d'expérience, mais ils ont vu que j'étais un super bon gars, capable de faire des jokes, s'amuser, que j'étais un gars comme les autres », raconte-t-il.

Certains de ses coéquipiers le connaissent déjà, grâce au personnage à son effigie dans le jeu vidéo de la LNH sur la console PlayStation. Maintenant, ils jouent au hockey avec lui dans la réalité.

« Des fois la communication [est un défi]. Je ne suis pas un gars gêné, mais là j'essaie d’apprendre plus de mots japonais. Les joueurs originaires d'ici sont plus souvent ensemble, c'est des choses tout à fait normales, mais après quelques saisons, je peux communiquer avec les gars plus facilement », explique Stéphane Veilleux.

Les deux joueurs nord-américains de l'équipe ont leur interprète. Il les suit partout.

Stéphane Veilleux se souvient de la première chose qu'il a dite à ses coéquipiers en arrivant.

Mais le Beauceron a dû adapter son style de jeu au hockey japonais

« Des fois, la première mentalité des joueurs c'est de prendre l'homme, ici c'est la rondelle. Plusieurs fois lors de ma première année, j'ai pris des punitions, même à ma 3e année j'ai des punitions, je dois m'ajuster. Les joueurs japonais sont plus petits donc des fois mon épaule peut atteindre leur menton, je dois m'ajuster », se rappelle le joueur.

Ses coéquipiers et ses entraîneurs l'apprécient. Sa contribution est énorme.

Pour le capitaine de l'équipe, Shuhei Kuji, « Stéphane a un gros impact sur l'équipe. Ce fut un choc lorsqu'il a décidé de venir ici, un joueur de la Ligue nationale de hockey. On apprend de lui à tous les jours », affirme-t-il.

Pour son entraîneur, Kunihiko Sakurai, « Stéphane pratique comme s'il jouait une partie régulière, de façon très intense. Il nous prépare pour nos affrontements avec l'équipe russe ou les équipes coréennes de notre ligue qui ont 4 à 5 joueurs nord-américains. »

Le hockeyeur a aussi dû s'adapter à un style de vie différent.

« Les premiers mois quand ma famille est au Minnesota et moi ici, avec les voyages, on s'ennuie. Tu as bien beau skyper sur internet, mais il y a des moments que tu veux être en famille, des moments plus longs que d'autres. »

Mais la culture nippone les a séduits.

Dans les estrades, les yeux sont rivés sur la patinoire.

« C'est bien drôle, au Québec on est des passionnés de hockey, le jeu intense sur la glace, les partisans, tout le monde, il y a une intensité incroyable. Au Japon, il y a une grosse mise en échec, un gros jeu, la rondelle sur la ligne des buts et dans les estrades, c'est ben drette et ça ne réagit pas, sont beaucoup plus relax », affirme-t-il.

Stéphane Veilleux a 37 ans, ses belles années de hockeyeur sont derrière lui. Même si la flamme est toujours bien allumée, il avoue commencer à songer à la retraite.

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