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Supercliniques : des médecins de Québec dénoncent le manque d'effectifs

Les critères établis par le gouvernement libéral pour la création des supercliniques sont irréalistes, selon des médecins de Québec. Ces nouvelles cliniques tarderaient d'ailleurs à s'implanter dans la région.

Le manque d'effectifs pour répondre aux exigences des heures d'ouverture prolongées représente le principal obstacle, selon le Dr Michel Robitaille.

Le médecin responsable de la clinique médicale des Promenades, dans le secteur Beauport, dit avoir besoin de plus d'omnipraticiens pour pouvoir diriger une superclinique 12 heures par jour, tous les jours, entre 7 h et 22 h, comme le gouvernement l'exige.

À son avis, les médecins généralistes manquent déjà de temps en raison de leurs heures de garde. L'ouverture des cliniques la fin de semaine est utopique, croit-il.

« Sans ajout de médecins supplémentaires, les médecins ne veulent pas embarquer dans cet horaire étendu-là. J'en ai cinq ou six qui font déjà un travail à l'urgence les fins de semaine. J'en ai cinq ou six qui sont de garde en CHSLD. La majorité travaille déjà les fins de semaine », explique le médecin.

Le ministre confiant

Plusieurs médecins auraient affirmé au Dr Robitaille qu'ils se trouvaient dans la même situation. Sur les 11 supercliniques ciblées à Québec, seulement 2 ont entamé des démarches afin de déterminer si elles remplissent les critères.

Une situation qui est loin d'inquiéter le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a annoncé en avril la création de 50 supercliniques pour les soins de première ligne au Québec d'ici 2018.

« Au moment où on se parle, on a 29 cliniques qui se sont manifestées à travers le Québec. C'est un partenariat. Déjà 29, c'est pas mal. De ce nombre-là, il y a en a 26 qui remplissent les critères. Ça fait seulement un mois qu'on a fait l'annonce », plaide-t-il.

Le ministre Barrette se dit « agréablement surpris » de la réponse jusqu'ici et il s'attend à ce que toutes les régions aient leurs supercliniques prochainement.

Des solutions à trouver

Le Dr Robitaille se dit ouvert à l'idée d'implanter des supercliniques. Cependant, il croit que les exigences doivent être revues. Il interpelle le ministre Gaétan Barrette pour tenter de trouver des solutions au manque d'effectifs.

Il propose notamment les médecins généralistes qui travaillent dans des hôpitaux assurent certains services dans les supercliniques.

« Des cas mineurs devraient être plus traités dans la communauté que dans une urgence, c'est sûr. Est-ce que les heures que ces médecins d'urgence font à soigner ces cas mineurs dans les hôpitaux, ils ne pourraient pas les effectuer chez nous? , demande le Dr Robitaille.

Une solution que met en doute le président de l'Association des médecins d'urgence du Québec. « Si on veut sortir des médecins des hôpitaux pour les mettre dans les supercliniques, on risque de déshabiller justement l'hôpital de ses effectifs médicaux et ça aurait un impact très négatif sur le temps d'attente dans les urgences », maintient le Dr Bernard Mathieu.

L'objectif des supercliniques est d'offrir un accès plus rapide aux soins de première ligne pour éviter que les cas non urgents ne viennent engorger les urgences.

D'après les informations de Jérémie Legault.

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