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Taxis : les chauffeurs préparent d'autres moyens de pression

Les chauffeurs de taxi de Québec ne décolèrent pas au lendemain de l'entente intervenue entre le gouvernement Couillard et l'entreprise Uber, qu'ils jugent inéquitable. Ils tenteront d'obtenir une injonction contre le gouvernement et prévoient un arrêt de travail au cours des prochains jours.

« On dirait que c'est des employés d'Uber qui ont négocié avec des employés d'Uber », s'insurge le porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) et président de Taxi Coop Québec, Abdallah Homsy.

L'accord, dont les détails ont été dévoilés vendredi, prévoit notamment que 300 nouveaux permis de propriétaire taxi seront octroyés, soit pour l'équivalent de 50 000 heures de travail par semaine.

« C'est ingérable, c'est incontrôlable », dénonce M. Homsy, qui s'inquiète pour la valeur des permis des taxis.

Les chauffeurs réclament que les contrôleurs de Contrôle routier Québec poursuivent les saisies de véhicules de chauffeurs Uber. Ils ont manifesté vendredi après-midi devant l'organisme pour se faire entendre. Ils font valoir que l'entente ne sera en vigueur que dans 20 jours, selon la loi, et que les activités d'Uber demeurent donc illégales d'ici là.

« On invite les contrôleurs routiers à faire leur job », lance M. Homsy.

D'autres moyens de pression à venir

Quelque 150 membres du Regroupement des propriétaires de taxis de la capitale (RPTC) ont tenu une rencontre pour discuter de l'escalade des moyens de pression qu'ils adopteront.

Le RPTC, qui représente environ le tiers des chauffeurs de taxi dans l'agglomération de Québec, envisage un arrêt de service de 24 à 48 heures. Les services essentiels seront maintenus, précise le président Hamid Nadji. Une autre rencontre est prévue dimanche pour s'entendre sur les actions à prendre.

En parallèle, ils entreprendront des démarches judiciaires pour tenter d'obtenir une injonction contre le gouvernement Couillard visant à empêcher l'application de l'entente intervenue à la dernière minute mercredi soir. « Ça reflète la mauvaise foi du gouvernement dans le dossier », affirme M. Nadji.

Malgré la grogne, Abdallah Homsy dit vouloir éviter les gestes d'éclat. Jeudi, une centaine de chauffeurs ont tenu une manifestation spontanée sur le boulevard René-Lévesque, puis en soirée, plusieurs chauffeurs ont cessé de desservir le Centre Vidéotron.

« Nous, on travaille jour et nuit depuis hier pour qu'il n'y en ait pas, je pense qu'il va y en avoir quelques-uns. On essaie de les calmer [les chauffeurs], les raisonner, de ne pas le faire. »

Abdallah Homsy souligne toutefois que la colère des chauffeurs de taxi est compréhensible. « Je demande à tout le monde de comprendre la situation des chauffeurs de taxi. On est au bord de la faillite et on veut que le maire ainsi que le premier ministre comprennent ça! »

Labeaume invite les chauffeurs à peser leurs mots

Le maire Régis Labeaume s'est effectivement montré compréhensif. « Il y a beaucoup de détresse là-dedans », a-t-il souligné, faisant référence aux cris de désespoir lancés par des chauffeurs jeudi.

Mais il les invite à « choisir leurs mots ». « Quand on parle de "pagaille", ce n'est pas une bonne façon de faire évoluer le dossier. Pesons nos mots. »

Le maire a appelé le gouvernement à rencontrer les chauffeurs de taxi pour leur expliquer les détails de l'entente.

Le maire a reconnu que la sortie du Centre Vidéotron « s'est quand même bien passée », jeudi soir, malgré le boycott de certains chauffeurs.

Selon Régis Labeaume, les chauffeurs de taxi ont effectué 80 raccompagnements après le match préparatoire de la Coupe du monde. Plusieurs spectateurs avaient prévu le coup en venant en voiture et le Réseau de transport de la Capitale avait ajouté des navettes. Le site s'est vidé en 1 h 30.

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