Des municipalités situées en banlieue de Québec connaissent une croissance démographique spectaculaire, selon le recensement canadien de 2016. Pendant ce temps, la population de la ville de Québec et celle de la belle province dans son ensemble augmentent moins rapidement que dans le reste du pays.

Selon les données diffusées mercredi par Statistique Canada, la croissance démographique canadienne a été de 5 % entre 2011 et 2016, ayant franchi le cap des 35 millions d'habitants.

Lorsque comparé à celui de certaines banlieues de Québec, ce pourcentage fait néanmoins pâle figure. À Sainte-Brigitte-de-Laval, par exemple, la population a augmenté de 29 % entre 2011 et 2016. À Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, l'augmentation a été de 21,9 % sur cette même période.

Dans trois autres municipalités de la banlieue, la démographie a aussi crû de façon spectaculaire : Shannon (18,6 %), Stoneham-et-Tewkesbury (17,6 %) et Boischatel (17,4 %).

La banlieue de plus en plus loin

Selon le démographe Patrick Charbonneau, de Statistique Canada, ces chiffres témoignent des frontières de plus en plus larges de la banlieue.

« Si on prend les banlieues plues proches du centre [de la ville de Québec], on n'observe pas de croissance aussi élevée », indique-t-il.

C'est peut-être le reflet des frontières de l'étalement urbain qui sont repoussées encore plus loin.

Patrick Charbonneau, démographe à Statistique Canada

Patrick Charbonneau rappelle que le phénomène de l'étalement urbain n'est pas nouveau à Québec. Les données du recensement confirment toutefois que la tendance se poursuit.

La région de Québec au ralenti

Cette tendance masque cependant un phénomène que la région de Québec risque de garder à l'oeil : dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec - qui englobe Québec, ses banlieues et Lévis - l'accroissement de la population se fait moins vite que dans l'ensemble du Canada.

En 2016, la population de la RMR de Québec s'établissait à 800 296 habitants, soit un bond de 4 % par rapport à 2011. Or, la moyenne canadienne est plutôt de 5 %.

Si Patrick Charbonneau affirme que la situation n'est pas dramatique, quelques facteurs propres à la belle province peuvent contribuer à expliquer la situation dans la région de Québec.

« Les niveaux d'immigration sont peut-être très légèrement inférieurs Québec par rapport à ce qui prévaut en Ontario et dans l'ouest du Canada. »

Également une chose à noter, la province du Québec se distingue par des pertes migratoires interprovinciales. Il y a plus de gens qui quittent le Québec pour s'établir ailleurs au Canada que le contraire.

Patrick Charbonneau, démographe à Statistique Canada

Dans la ville de Québec seulement, la population n'a augmenté que de 3 % pour se chiffrer aujourd'hui à 531 902 habitants. C'est moins que dans l'ensemble du Québec, où la hausse moyenne s'est établie à 3,3 %.

La ville de Lévis se situe exactement sur cette moyenne provinciale de 3,3 %, ayant vu sa population bondir à 143 414 habitants.

Baisse à L'Ancienne-Lorette

De tels pourcentages, même en-deçà de la moyenne canadienne, pourraient néanmoins faire l'envie de certaines municipalités qui ont carrément vu leur population diminuer entre 2011 et 2016.

C'est notamment le cas à L'Ancienne-Lorette, où l'on enregistre une baisse de la population de l'ordre de 1,2 %. En chiffres bruts, L'Ancienne-Lorette compte désormais 16 543 habitants, soit environ 200  de moins qu'en 2011.

Dans Charlevoix, La Malbaie est aux prises avec une décroissance encore plus marquée. Entre 2011 et 2016, la municipalité à perdu 6,7 % de sa population, se situant aujourd'hui à 8271 habitants.

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