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Terrain vacant sur la côte d'Abraham : « un oeil au beurre noir à l'entrée de la ville »

Le développement du site de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul sur la côte d'Abraham est toujours au point mort, 10 ans après la démolition du bâtiment. Le projet d'hôtel au coeur du Vieux-Québec n'a jamais vu le jour. Des voix s'élèvent pour dénoncer cet « oeil au beurre noir à l'entrée de la ville ».

Jacques Robitaille, propriétaire des hôtels Jaro, a acquis le terrain situé à l'intersection de l'avenue Honoré-Mercier et de la côte d'Abraham en 1998. Son projet de construire un immeuble de 10 étages comprenant un hôtel, des commerces et des logements, présenté en 2009, n'a jamais abouti.

Malgré les promesses de l'administration municipale de développer ce site stratégique à l'entrée de la ville, quitte à exproprier le promoteur, rien n'a bougé.

« C'est gênant. Le maire devrait être lui-même gêné parce qu'il a affirmé à plusieurs reprises depuis 2009 que ça ne niaiserait pas. Il ne voulait rien savoir de discuter sous prétexte que lui, il allait régler ça », affirme la conseillère Anne Guérette.

Démocratie Québec et le comité de citoyens du Vieux-Québec préconisent toujours la construction de logements pour attirer des résidents dans le Vieux-Québec.

« Le Comité de citoyens du Vieux-Québec avait fait de belles propositions pour qu'on puisse attirer davantage de citoyens dans le quartier. Pour nous, ce serait la voie à suivre et non pas laisser à des propriétaires sans scrupules le soin de faire une piasse facile », soutient le président du Comité de citoyens du Vieux-Québec, Jean Rousseau.

Labeaume prudent

La Ville devait présenter en juin 2014 ses intentions pour le développement du site. Faute d'une entente avec Jacques Robitaille, le plan n'a jamais été présenté.

Il faut dire que le bras de fer entre le promoteur Jacques Robitaille et la Ville de Québec sur la conversion « illégale » d'une partie du terrain en stationnement payant n'a pas contribué à rapprocher les parties. La cause s'est rendue jusqu'en Cour suprême.

Le maire Régis Labeaume, qui a montré son impatience à plusieurs reprises, se dit maintenant « encouragé ». Des pourparlers « confidentiels » sont en cours et de nouvelles propositions devraient être soumises sous peu, affirme le maire Labeaume, prudent.

« On espère toujours que ça va débloquer. J'ai peut-être des espoirs additionnels depuis quelques semaines. »

Pour l'urbaniste et ancien directeur général de la Ville de Québec, Serge Viau, la situation est inacceptable. La Ville ne peut laisser ce terrain vacant à l'entrée du Vieux-Québec, un quartier reconnu patrimoine mondial de l'UNESCO. L'expropriation serait toutefois très coûteuse. La solution n'est pas si simple, admet M. Viau.

« C'est certain que le contexte économique de l'hôtellerie à Québec n'est pas nécessairement favorable à la construction d'un nouvel hôtel de cette ampleur », dit-il.

La direction des hôtels Jaro a refusé de commenter la situation.

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