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Théâtre : Hôtel-Dieu, exorciser la souffrance

CRITIQUE - Après Changing Room et le NoShow, le collectif Nous Sommes ici revient avec une pièce de théâtre documentaire coup de poing : Hôtel-Dieu.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Mise en scène par Alexandre Fecteau, Hôtel-Dieu présente des personnes ayant eu à vivre des deuils.

Mort d'une personne aimée, suicide d'un proche, perte d'un enfant et perte de son autonomie sont quelques-uns des deuils que le spectateur est appelé à découvrir au cours de cette soirée hors-norme où huit non-acteurs expliquent comment ils ont fait face à la souffrance engendrée par ces drames.

Ceux qui restent

Ces histoires touchantes et dures à la fois sont dévoilées par des « experts » qui acceptent de se raconter sans armure, le cœur à vif. Il faudrait tous pouvoir les nommer tellement ils sont bons et franchement, courageux.

Comment rester insensible à l’histoire de Chantal, cette danseuse qui va perdre beaucoup plus que sa mobilité à la suite de son diagnostic de sclérose en plaques? Comment ne pas pleurer avec Jasmin et Louis-Olivier la mort de leur sœur?

Comment ne pas rire et enrager devant la maladresse des gens qui tentent de les réconforter?

Émotions brutes

Hôtel-Dieu est un spectacle intense. Les spectateurs deviennent, dans une certaine mesure, des accompagnateurs, car ils sont appelés à revivre les traumas des « experts » au cours de la soirée.

Certains moments sont vraiment poignants.

D’une durée de trois heures, le spectacle conçu en trois volets, soit la souffrance, le deuil et les rituels de deuil, gagnerait à être légèrement resserré dans la dernière partie.

Une fois cela dit, Hôtel-Dieu s’avère beaucoup plus qu’un spectacle ou qu’un documentaire. Il s’agit en fait d’une véritable rencontre avec l’autre, d’une célébration de la vie, malgré la souffrance inhérente à la condition humaine.

La pièce Hôtel-Dieu est présentée jusqu’au 3 février au Théâtre des Gros Becs de la rue Saint-Jean.

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