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TransCanada : l'abandon des ports accueilli avec satisfaction et prudence

La décision de TransCanada de renoncer à son projet de terminal maritime au Québec est accueillie avec un soulagement pour certains, mais l'inquiétude demeure quant au tracé du projet d'oléoduc qui traverserait le fleuve à la limite de Saint-Augustin.

TransCanada a annoncé ce matin sa décision de ne construire qu'un terminal au Nouveau-Brunswick.

Si la nouvelle réjouit la porte-parole du mouvement Stop Oléoduc Portneuf-Saint-Augustin, Anne-Céline Guyon, cette dernière souligne du même souffle que l'entreprise albertaine est toujours déterminée à construire son pipeline pour acheminer du pétrole dans les raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick.

« Il est certain que ce n'est pas parce qu'il n'y aura pas de port au Québec que le projet ne se fera pas, on s'entend. On a gagné cette bataille-là, très clairement, c'est grâce au travail des comités citoyens qui ont vraiment travaillé extrêmement fort pour défendre le Saint-Laurent, mais la bataille est très loin d'être terminée. »

La nouvelle est également accueillie avec prudence par le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui s'inquiète davantage du tracé définitif du pipeline et ne voulait pas du terminal maritime.

« L'implantation d'un port et de quelques réservoirs, ça rapporte peu au niveau de la taxation. On ne voulait pas d'un troisième terminal à Lévis. La prochaine étape quant à nous, c'est une rencontre qu'on est en train de planifier avec les gens de TransCanada parce qu'on veut aussi avoir l'heure juste sur le tracé qui va traverser une partie de notre territoire. »

De son côté, le maire de Québec affirme qu'il ne peut empêcher le transport du pétrole à travers le pays, mais soutient que TransCanada a mal géré son dossier.

« Ils veulent traverser notre territoire, il n'y a pas de retombés, ça vaut quoi? En même temps, on vit dans un pays, il faut accepter à moment donné que les matières puissent circuler, mais je le répète, cette compagnie a été tellement mauvaise, ils ont tellement mal travaillé qu'ils n'ont plus aucun ami. [...] Ils n'ont pas eu de respect pour la population et ils vont payer pour ça. Je parle avec les maires et j'ai l'impression qu'ils ne pourront jamais passer », commente Régis Labeaume.

Le projet de pipeline Énergie Est prévoit qu'un tronçon de cinq kilomètres traversera le fleuve Saint-Laurent sur la rive nord dans le secteur de Saint-Augustin-de-Desmaures pour se rendre ensuite jusqu'à Saint-Nicolas avant de se diriger vers la raffinerie Valéro.

Projet risqué, dit Nature Québec

Christian Simard, directeur de Nature Québec, continue pour sa part de s'opposer au pipeline, qui, dit-il, est essentiellement un projet d'exportation pour lequel le Québec prend tous les risques.

« TransCanada persiste et signe pour son projet de pipeline, mais c'est toujours la même entreprise prête à tout pour faire passer son projet, même s'il n'est pas dans l'intérêt économique du Québec, ni dans l'intérêt écologique ou de préservation des écosystèmes. [...] C'est un marché de dupes! »

Dans sa décision annoncée ce matin par communiqué, TransCanada dit avoir pris en compte les commentaires émis par les différentes communautés touchées.

Cette affirmation fait sourire Christian Simard qui rappelle que Nature Québec a obtenu l'arrêt des travaux de TransCanada à Cacouna en portant la cause des bélugas devant les tribunaux.

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