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Travaux à Lévis : des commerçants craignent des pertes

Les travaux prévus cet été sur l'avenue Bégin, dans le Vieux-Lévis, provoquent le mécontentement des commerçants. Le propriétaire de la chaîne Chocolats Favoris, Dominique Brown, s'est même inscrit au Registre des lobbyistes pour tenter de convaincre la Ville de modifier ses plans.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Les travaux doivent être effectués entre mai et novembre. Ils visent la réfection complète du système d’aqueduc et d’égout. La Ville de Lévis en profitera également pour améliorer l’aménagement paysager en ajoutant notamment des mobiliers urbains et de l’éclairage.

« C’est un beau projet, mais ce qui risque d’arriver, c’est que les commerces vont fermer et on va se retrouver avec une belle rue de blocs appartements », déplore Charles Auger, vice-président des opérations de Chocolats Favoris et responsable de la succursale de l’avenue Bégin.

Au cours des dernières semaines, l’entreprise a sollicité des rencontres avec le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, pour demander que des mesures soient prises pour minimiser l’impact des travaux sur le chiffre d’affaires des entrepreneurs.

Chocolats Favoris proposait entre autres de créer un fonds publicitaire que les commerçants pourraient dépenser dans les médias locaux. Une idée qui a été rejetée par la Ville.

Consultations

Le maire rétorque que les commerçants ont été rencontrés à deux reprises lors de soirées d’informations et de consultations publiques.

Gilles Lehouillier assure que tous les accès aux boutiques seront préservés et que l'affichage indiquera aux citoyens que les commerces sont ouverts durant les travaux. Il rappelle aussi que la réfection de la rue se fera un plusieurs phases.

« On n’éventera pas la rue d'un bout à l'autre. Ce sont des interventions progressives. On fait un petit bout de travaux, on enterre et on refait un autre bout de travaux et on enterre », explique le maire de Lévis.

Les entrepreneurs de l’avenue Bégin auraient tout de même espéré que la Ville revoit son échéancier pour ne pas amputer l’ensemble de la haute saison.

« L'idéal aurait été de commencer les travaux le plus tôt possible pour nous laisser une partie de l'été. Août, septembre et octobre c'est encore une très bonne période au niveau touristique. On aurait pu récupérer quelque chose rendu-là », affirme le propriétaire du restaurant l’intimiste, Martin Patry.

L’épicerie fine Délicatesse Aux P’tits Oignons a même décidé d’ouvrir une petite boutique sur la rue Saint-Laurent, plus près du fleuve, pour tenter de compenser les pertes financières qu’elle devra encaisser sur l’avenue Bégin.

« C'est double travail pour nous. Ce n'était pas dans notre plan d'affaires d'aller ouvrir un autre petit bistro. C'est des frais supplémentaires pour nous aussi. On le fait pour notre survie », relate la copropriétaire Marie-Josée Avoyne.

« Je ne suis presque pas passé à travers »

La réfection de l’avenue Bégin rappelle de durs souvenirs au propriétaire du Barbacoa BBQ, Jason Savage, alors que des travaux similaires ont été effectués l’été dernier devant son restaurant sur la rue Saint-Laurent.

« Ç’a été très difficile. Depuis l’ouverture ici, c’était notre pire année. Je ne suis presque pas passé à travers », relate le restaurateur.

Selon M. Savage, le chiffre d’affaires annuel du restaurant a chuté de 25 % en raison de la baisse d’achalandage enregistrée en juillet et en août.

« Les gens ne se rendaient pas à notre commerce parce qu’il y avait une pelle dans le chemin », dit-il.

Avec 35 autres succursales, le vice-président des opérations de Chocolats Favoris admet que la santé financière de l’entreprise n’est pas affectée par ces travaux. Charles Auger soutient toutefois que son succès sur l’avenue Bégin repose sur le travail des autres petits commerçants, qui attirent de nombreux clients dans le Vieux-Lévis.

« Moi, demain matin, si l’Intimiste ferme ou si les P’tits Oignons ferme, je vais aller ailleurs. C’est dommage, mais je vais aller sur une artère commerciale qui est peut-être moins sexy, mais où il y a plus de monde », conclut Charles Auger.

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