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Trois expertises concluantes pour la « cage » de la Corriveau

C'est au terme de trois expertises que la cage métallique provenant du musée Peabody Essex, au Massachusetts, est authentifiée comme étant bien celle qui avait été utilisée pour exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau, en 1763.

Le Musée de la civilisation a donné plus de détails ce matin sur le processus qui a permis récemment de confirmer l'authenticité de l'armature de fer.

Sylvie Toupin, conservatrice au Musée de la civilisation, mentionne que les trois expertises auxquelles l'objet a été soumis ont permis de retracer la chronologie historique de l'objet, d'analyser les métaux pour dater la pièce et de vérifier si la technique de forge correspond à ce qui aurait pu être utilisée en 1763.

« Les expertises qu'on a menées convergent. C'est la juxtaposition et le croisement des informations qui nous permettent d'en arriver à la conclusion que ce serait effectivement le gibet qui aurait servi à exposer Marie-Josephte Corriveau. »

Jérôme Morissette, restaurateur d'oeuvres d'art spécialisé en métaux, a axé son examen notamment sur la corrosion uniforme sur les bandes de fer.

Selon lui, il est impossible que la pièce soit une reconstitution. « On peut toujours évoquer l'idée d'utiliser des bandes déjà corrodées et d'en faire une cage, un exosquelette, mais en en courbant ces bandes, on aurait fait éclater la gangue de corrosion et donc ça aurait été évident, même le travail de forge aurait été impossible. »

Chronologie retracée

L'authenticité de la pièce ne fait pas de doute également d'un point de vue historique, affirme l'historienne Catherine Ferland.

« Quand on est capable de retracer le cheminement très précis d'un objet, par exemple par les articles de journaux, par les documents historiques, on se rend compte que dans le cas de la cage de la Corriveau, on est capable de faire ce tracé très facilement. [...] Ça nous a permis de dire, oui, d'un point de vue historique, c'est très, très plausible et même presque certain que c'est bien la cage ».

Les experts n'ont toutefois pu trouver de traces d'ADN, qu'ils auraient aimé comparer avec la lignée directe des Corriveau vivant toujours sur la Côte-du-Sud et dans la région de Saint-Vallier.

La cage a été retrouvée en 2011 grâce aux recherches menées par Claudia Mendez, de la Société d'histoire régionale de Lévis. Le Musée de la civilisation a fait une demande de rapatriement de l'objet au musée Peabody Essex, qui a offert sa collaboration.

Le gibet de métal fait maintenant partie de la collection nationale des Musées de la civilisation.

Une conférence sur le sujet sera offerte à la Maison Chevalier, du 11 au 15 novembre. 

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