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Trois fois plus de bris sur les autobus hybrides du RTC

Les autobus hybrides du Réseau de transport de la capitale (RTC) consomment peut-être moins de carburant que les autobus au diesel, mais à leur première année complète en service, ils ont aussi brisé trois fois plus souvent.

Un texte d’Alexandre Duval

Des chiffres obtenus grâce à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics démontrent qu’en 2016, les 31 autobus hybrides du RTC ont enregistré 598 bris. La moyenne est d’un peu plus de 19 bris par autobus.

Ce nombre paraît anormalement élevé lorsque comparé aux autobus au diesel du RTC : ces 501 véhicules (40 pieds et 60 pieds) ont brisé à 3633 reprises, pour une moyenne de 7 bris par autobus.

Selon les informations recueillies par Radio-Canada, un problème électronique aurait pu survenir sur certains autobus hybrides.

Le directeur général du RTC, Alain Mercier, affirme toutefois qu’aucun bris généralisé ne s’est produit. Il parle plutôt d’une inévitable « période de rodage ».

M. Mercier affirme que l’implantation de nouvelles technologies, comme le système Nomade qui suit les autobus en temps réel, a pu forcer des ajustements.

A priori, cela n’explique toutefois pas pourquoi les autobus hybrides ont davantage brisé, puisque le système Nomade a aussi été implanté dans les autobus au diesel.

Dans un courriel adressé à Radio-Canada, le fabricant des autobus hybrides, Nova Bus, soutient que la technologie de ses véhicules est plus complexe que celle utilisée par les autobus au diesel et que « comme pour toute technologie, il y a une courbe d'intégration présente lors de l'introduction de celle-ci ».

Des coûts d’entretien plus élevés aussi

Les bris plus fréquents ont produit des effets évidents en 2016 : les autobus hybrides ont dû être retirés de la route en moyenne 66 heures l’an dernier pour des réparations, comparativement à 35 heures pour les autobus au diesel.

Sans surprise, les réparations ont aussi coûté plus cher. Les réparations des 31 autobus hybrides ont coûté près de 240 000 $, soit une moyenne de 7730 $ par véhicule. Les 501 autobus au diesel ont quant à eux coûté plus de 2,6 millions de dollars, mais la moyenne de 5290 $ par véhicule est inférieure.

Là encore, M. Mercier se fait rassurant : les coûts d’entretiens liés à des bris ont été couverts par le manufacturier et la technologie hybride est sous garantie pour une période de cinq ans.

Une technologie apparue à Québec il y a deux ans

En 2015, le RTC annonçait en grande pompe l’arrivée des premiers autobus hybrides sur les routes de la capitale. À l’époque, on avait noté que le coût d’achat de 750 000 $ était significativement plus élevé que les autobus au diesel à 520 000 $.

Le RTC évoquait que ce coût additionnel prendrait 16 ans à renflouer, même en comptabilisant les économies de carburant évaluées à 25 %.

Au début de l'année 2017, plus d'une trentaine de nouveaux autobus hybrides ont été livrés au RTC, ce qui porte leur nombre total à 67.

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