Les chauffeurs de taxi extrêmement furieux contre l'entente entre le gouvernement du Québec et la compagnie Uber sortent dans les rues pour faire entendre leur colère. À Québec, des chauffeurs et propriétaires parlent de paralyser le service.

Une centaine d'entre eux se sont rassemblés spontanément à Québec sur la colline Parlementaire jeudi après-midi, bloquant une partie du centre-ville.

La frustration est grande. Des chauffeurs menacent de cesser de desservir l'aéroport ou le Centre Vidéotron. Seuls les services essentiels et le service de transport adapté seraient maintenus.

« C'est fini, à partir d'aujourd'hui, aucun voyage », déclare un manifestant.

« C'est quoi qu'on est nous autres? Respectez-nous, respectez le sang qu'on a mis pour acheter un taxi, on s'est endettés au maximum et maintenant, un illégal devient légal », lance une autre.

Abdallah Homsy, porte-parole du regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), ne peut dire ce qui en sera du service dans les prochaines heures.

« Là, on essaie de donner le service, mais nos systèmes téléphonie sont complètement débordés. [...] On essaie de calmer les gens. Il faut qu'ils expriment leur mécontentement de façon démocratique, c'est ce qu'on essaie de faire, mais là, ils ont perdu confiance dans le gouvernement. »

De son côté, Hamid Nadji, président du Regroupement des propriétaires de taxis de la capitale (RPTC), affirme que le gouvernement doit s'attendre à une escalade des actions s'il ne retire par le projet pilote avec Uber.

« On a la capacité de nuisance. Si on a une centaine de chars, on est capable de bloquer le pont, l'aéroport [..] si nous voulons transférer le problème de l'échelle provinciale à l'échelle fédérale, on va le faire si le gouvernement local ne prend pas ses responsabilités immédiates ».

Le maire de Québec, Régis Labeaume, rappelle aux chauffeurs qu'il a une entente avec eux pour desservir le Centre Vidéotron, où se tient jeudi soir un match préparatoire de la Coupe du Monde de hockey. Le maire avertit les chauffeurs que s'ils ne sont pas là, ceux d'Uber de toute façon y seront.

Un an pour apporter des correctifs

Le ministre Lessard dit de son côté entendre les chauffeurs et être sensible à leur réalité.  Il souligne que le projet pilote durera un an et que le temps sera pris pour en mesurer les impacts et apporter des correctifs au besoin.

« Je les écoute, je les entends, mon caucus aussi m'en a parlé, autant pour Montréal, pour Québec [...] on essaie de trouver un équilibre. Le Québec est capable de faire un projet pilote dans un système plus traditionnel, différent des autres provinces. On est capable de mesurer, de peser, d'évaluer et on appliquera les correctifs si appropriés ».

L'entente intervenue avec Uber prévoit notamment que les chauffeurs d'Uber ne seront pas tenus d'acheter des permis pour exploiter un taxi, comme c'est le cas pour les chauffeurs propriétaires, mais ils verseront en contrepartie une redevance.

Cette disposition soulève l'ire des chauffeurs de taxi propriétaires qui ont dû débourser plus de 200 000 $ pour obtenir un tel permis.

Les détails du projet pilote devraient être rendus publics prochainement.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un drone filme la beauté de l'Australie





Concours!



Rabais de la semaine