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Uber : les chauffeurs de taxi veulent une entente rapide

Les chauffeurs de taxi de Montréal sont plus optimistes que leurs homologues de Québec quant à la possibilité d'obtenir des compensations financières pour l'arrivée de l'entreprise Uber au Québec.

Un texte de Stéphanie Tremblay

« Je sors plus sceptique que je suis rentré », lance le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Habdallah Homsy.

Il n'est visiblement pas enchanté de sa première rencontre avec des intervenants des ministères des Finances et des Transports ainsi qu'avec les autres représentants de l'industrie du taxi.

Cette réunion est la première d'une série de rencontres du groupe de travail. Leur objectif est de trouver un terrain d'entente et déterminer les sommes que le gouvernement doit verser aux chauffeurs pour compenser leurs pertes de revenus et la baisse de valeur de leur permis depuis l'arrivée d'Uber.

M. Homsy, qui représente 1200 chauffeurs de la région, estime que le gouvernement ne joue pas franc jeu.

Chauffeurs de Montréal plus optimistes

Les représentants des chauffeurs de taxi de Montréal étaient plus enthousiastes à leur sortie de la rencontre.

Le négociateur en chef pour le Partenariat pour la modernisation de l’industrie du taxi, Me Marc-Antoine Cloutier, représente 10 000 chauffeurs de la région montréalaise. Il est convaincu que le gouvernement compensera les pertes subies à cause de la venue d'Uber.

« Je suis heureux. On s'est entendu sur un mandat défini quant à la perte de valeur des permis et aussi sur la perte de revenus des chauffeurs de l'industrie du taxi depuis l'arrivée d'Uber. On va travailler ensemble les cas de figure hypothétiques. Il y a certains scénarios qui sont très coûteux. On est dans un travail de recherche de données », a déclaré Me Cloutier.

Là où le négociateur est moins optimiste, c'est quand il parle de la fin du projet pilote avec Uber. Il se termine en octobre prochain.

Me Cloutier demeure tout de même convaincu que la compagnie n'a pas sa place au Québec et qu'elle devrait quitter la province. « Évidemment que c'est ça qu'on souhaite. Ce sont des pirates. On souhaite toujours que les pirates s'en aillent », ajoute-t-il.

D'autres rencontres prévues

D'autres rencontres avec le groupe de travail sont prévues la semaine prochaine.

Les divers intervenants ont fixé un échéancier serré pour un règlement rapide. Une entente entre les parties devrait être dévoilée d'ici la fin février.

Manifestation en marge de la rencontre

Une soixantaine de chauffeurs de taxi ont manifesté devant le ministère des Finances à Québec, avant la tenue de la réunion jeudi matin. Les chauffeurs souhaitent montrer leur opposition à toute forme de dérèglementation qui nuit à leur gagne-pain.

Avec leurs pancartes jaunes en main, les chauffeurs ont revendiqué des conditions plus justes.

« Non à l'abolition des permis de taxi » et « On veut garder nos emplois » figuraient notamment sur leurs affiches.

Avec le projet pilote pour Uber, ils craignent une dérèglementation de leur industrie. Ils estiment qu'elle pousserait au chômage 22 000 chauffeurs dans toute la province.

La baisse de valeur des permis de taxis est aussi en jeu. Selon le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, la valeur des permis de taxi est passée de 215 000 $ en 2014 à 140 000 $ aujourd'hui.

« Nous, ce qu'on demande, c'est la compensation de la perte, plus ce qu'on perd journalièrement », a indiqué le porte-parole du RITQ, Abdallah Homsy.

Avec les informations de Nicolas Vigneault et Alexandra Duval

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