L'Opéra de Québec clôt sa saison 2017-2018 avec une version contemporaine et charnelle du célèbre Carmen de Bizet

Un texte d’Anne-Josée Cameron

Ce qui frappe d’entrée de jeu dans cette version de Carmen, c’est la jeunesse de la distribution, qui concourt, sans aucun doute, à insuffler un air de modernité à cet opéra de Georges Bizet joué pour la première fois en 1875.

L’histoire d’amour entre Don José, le brigadier, et Carmen, la belle gitane ne s’en trouve que plus crédible.

Le choix de la modernité

La metteure en scène, Jacqueline Langlais, a fait le pari de la modernité. L’action se déroule toujours en Espagne, mais dans un monde plus contemporain ou plus précisément au 20e siècle.

Le premier acte s’ouvre sur l’usine où travaille Carmen, on pense alors aux années 40 de Franco, puis l’action évolue et les contours historiques se font plus flous.

Une très belle distribution

Outre leur maîtrise vocale, les chanteurs sont d’excellents comédiens. On croit sans problème au désir torturé de Don José (excellent Thiago Arancam) pour Carmen.

Par ailleurs, la mezzo-soprano Ketevan Kemoklidze, révélée grâce à l’édition 2008 d’Opéralia, incarne avec beaucoup d’énergie une Carmen fantasque, charismatique, dangereusement libre.

Il faut le souligner, toutes les scènes mettant en vedette Don José et la belle bohémienne sont réussies.

Sous le signe du désir

Tout entière à sa version plus moderne de Carmen, Jacqueline Langlais n’a pas hésité à mettre l’accent sur le désir des protagonistes, y allant de quelques scènes plus physiques entre Carmen et Don José. On est loin des regards énamourés auxquels nous avait habitué certains opéras.

L’Opéra de Québec termine de belle façon sa saison avec une création originale, enlevante et touchante.

Carmen est présenté les 12, 15, 17 et 19 mai au Grand Théâtre de Québec.

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