Des centaines de personnes se sont réunies lundi soir à Québec pour rendre hommage aux victimes de la tuerie survenue il y a un an, jour pour jour, à la grande mosquée. Des survivants, des veuves et des politiciens ont pris tour à tour la parole pour lancer un appel au vivre-ensemble.

L'événement a commencé à 18 h 30 dans le stationnement de l'église Notre-Dame-de-Foy, non loin du Centre culturel islamique de Québec, où six hommes ont été tués le 29 janvier 2017.

Des veuves, des proches des victimes et des survivants ont témoigné lors de cette commémoration citoyenne, organisée par une trentaine de bénévoles.

Louiza Mahammed-Said a pris la parole au nom de la famille de Hassane. Elle a remercié la foule, qui s'est présentée malgré le froid glacial.

« Je saisis cette occasion pour vous dire de profiter de chaque moment de votre vie, de savourer chaque moment avec votre famille, de leur dire que vous les aimez. La vie est si courte et imprévisible. Chaque 29 janvier, je souhaite qu’on se souvienne des victimes », a-t-elle ajouté.

La veuve de Khaled Belkacemi, Safia Hamoudi, a rappelé que ces six hommes avaient choisi le Québec comme terre d'accueil.

« Il faut nous unir pour un avenir meilleur. Ces six hommes, dont la vie a été ravie prématurément, étaient tous des hommes pacifiques venus chercher la paix dans ce beau pays, dans cette belle province », a-t-elle dit.

Son fils Amir Belkacemi a souligné que les victimes étaient à la grande mosquée « pour prier, pour célébrer la paix ».

« Aujourd’hui, je crois qu’il est important que chacun d’entre nous fasse des efforts pour se rapprocher, pour se connaître, pour se reconnaître, se dire bonjour dans la rue quand on se croise », a-t-il dit.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le maire de Québec, Régis Labaume, et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont rappelé l'importance de lutter contre le racisme.

Des chefs de partis politiques fédéraux et provinciaux, ainsi que des ministres, ont aussi assisté à ce rassemblement.

Une communauté résiliente

Une survivante de la tuerie de Polytechnique, Nathalie Provost, a salué la résilience de la communauté musulmane. Elle a aussi parlé des mères de Marc Lépine et d'Alexandre Bissonnette, accusé de 6 meurtres et de 39 tentatives de meurtre après la tuerie.

« Je me sens aussi liée aux mères de Marc Lépine et d’Alexandre Bissonnette. Ces hommes qui ont été des enfants [...], ils sont issus de nous, de nos familles, de notre éducation, de notre culture et de notre société. C’est pourquoi nous sommes tous touchés par l’attentat de la mosquée, comme nous l’avons tous été après Polytechnique. Nous sommes blessés dans ce que nous sommes », a-t-elle déclaré.

Après les nombreux discours, la foule a entonné la chanson Mon pays, de Gilles Vigneault.

Les dignitaires et les citoyens ont ensuite marché entre le lieu de la cérémonie et la grande mosquée de Québec, où des fleurs, des bougies et d'autres objets symboliques ont été déposés.

Ailleurs au pays

Des vigiles étaient également prévues ailleurs au Canada, dans des villes comme Victoria, en Colombie-Britannique, et Hamilton, en Ontario.

À Montréal, des gens se sont rassemblés devant les stations de métro Verdun, Mont-Royal et Jean-Talon.

L’an dernier, des milliers de personnes s’étaient par ailleurs réunies dans ce même stationnement de l'église Notre-Dame-de-Foy, pour une veillée à la chandelle tenue au lendemain de la fusillade.

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