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Un ancien commandant de Valcartier coupable de harcèlement

Le lieutenant-colonel Martin Bernier a plaidé coupable en cour martiale, jeudi, à des accusations de harcèlement à l'endroit de deux femmes militaires de Valcartier. Les chefs d'accusation les plus graves d'agression sexuelle ont toutefois été abandonnés.

Les événements reprochés à Martin Bernier sont survenus le 18 octobre 2014 lors d'une fête soulignant les 100 ans du Royal 22e Régiment. Le haut gradé de l'armée a posé des gestes à caractère sexuel à l'endroit des deux jeunes femmes, notamment en leur touchant les fesses à plusieurs reprises pendant la soirée.

L'une des deux victimes a qualifié Martin Bernier « d'entreprenant » et de « taponneux ». Au moment des faits, le haut gradé était commandant du centre d'instruction de la base de Valcartier.

Les deux victimes ont raconté devant la cour martiale que ces gestes les avaient profondément affectées. Leurs conjoints les accompagnaient ce soir-là, et l'un d'entre eux a même confronté Bernier après avoir été informé de ces gestes.

Les jeunes femmes affirment avoir été mal à l'aise de dénoncer les agissements du lieutenant-colonel en raison de son rang hiérarchique dans l'armée.

Lorsqu'elles ont porté plainte quelques jours après les événements, les militaires ont raconté s'être senties « jugées » par leurs pairs, certains affirmant qu'elles « l'avaient bien cherché. »

Ces événements ont entraîné beaucoup de stress pour les deux femmes qui affirment en subir encore les conséquences.

Deux accusations abandonnées

La poursuite a abandonné les accusations d'agression sexuelle parce que ces chefs avaient été portés de façon « subsidiaire », c'est-à-dire qu'en cas d'un plaidoyer de culpabilité dans les dossiers de harcèlement, les autres chefs étaient automatiquement abandonnés.

L'avocat de la poursuite, le major Philippe Doucet, affirme que les jeunes femmes étaient en accord avec la décision. « On a parlé aux deux victimes [...] elles étaient très satisfaites », a-t-il dit en sortant du tribunal.

L'avocat de la défense, le capitaine Patrice Desbiens, estime pour sa part que son client ne doit pas être jugé trop sévèrement pour ce moment d'égarement. Il croit qu'il faut plutôt regarder la totalité de sa carrière.

« Il faut toujours aller regarder un peu plus loin que les agissements de ce soir-là, qui sont totalement inappropriés et inacceptables. On peut voir que c'est une personne, à part ces événements-là, qui avait une conduite irréprochable », a-t-il affirmé.

Détermination de la peine

Martin Bernier a été relevé de ses fonctions à la base militaire le 31 octobre dernier.

Le haut gradé travaille maintenant au quartier général de l'état-major interarmées stratégique à Ottawa. Le militaire est membre de l'armée canadienne depuis 1988.

Le lieutenant-colonel Martin Bernier doit témoigner aujourd'hui pour donner sa version des faits. Il est passible d'un blâme ou d'une rétrogradation.

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