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Un avocat de Québec condamné pour des propos à caractère sexuel

L'avocat criminaliste Jean-Roch Parent a tenu des propos inappropriés et vulgaires à l'endroit d'une collègue de la poursuite.

Un texte de Yannick Bergeron

Le Conseil de discipline le déclare coupable d'avoir dérogé à son code de déontologie, en n'agissant pas avec honneur, dignité et respect.

L'incident est survenu en mai 2017 dans le local des avocats de la défense, au deuxième étage du palais de justice de Québec.

Me Parent s'y trouvait avec d'autres avocats lorsque la plaignante, une avocate pour le Directeur des poursuites criminelles est pénales (DPCP), est arrivée accompagnée d'une nouvelle collègue.

Lors des présentations, Me Parent a d'abord indiqué à la nouvelle recrue du DPCP qu'il avait lui-même travaillé à titre de procureur pour le DPCP.

Alors que la discussion portait sur un supérieur du DPCP, Me Parent a lancé à son ancienne collègue « et il t'est venu partout sur le corps », tout en ricanant.

Mal à l'aise, la plaignante met fin à la conversation, alors que Me Parent lui indique qu'il s'agit d'une blague.

L'avocate avise par la suite une supérieure du DPCP des propos « grossiers, déplacés et gratuits », de Jean-Roch Parent à son endroit.

Une plainte est acheminée au syndic du Barreau.

Discussion sur l'infidélité

Dans une lettre envoyée au syndic, Jean Roch Parent s'explique en disant que lorsque la plaignante est entrée dans le local, ses collègues et lui avaient une discussion légère et amicale sur différents sujets, dont l'infidélité.

Il affirme avoir voulu inclure son ancienne collègue du DPCP dans la conversation et badiner avec elle.

Le criminaliste termine sa lettre en s'excusant auprès d'elle.

Me Parent ne considère pas avoir commis une faute déontologique, a-t-il indiqué lors de l'audition du Conseil de discipline.

Le Conseil juge par contre que les propos de Me Parent étaient totalement inappropriés, en contravention avec son code de déontologie.

Il devra se présenter à nouveau devant le conseil de discipline pour la détermination de sa sanction.

Le Conseil de discipline doit entendre une autre cause impliquant Me Parent, dans quelques jours.

Le syndic du barreau a également porté plainte contre lui, pour « Défaut de soutenir l'autorité des tribunaux ».

Cause criminelle

Me Jean-Roch Parent doit aussi subir un procès criminel pour entrave, intimidation, menaces et voies de fait.

Il aurait commis ces gestes à l'égard de deux policiers de la Sûreté du Québec (SQ) qui l'ont intercepté pour une infraction au Code de la sécurité routière, en mai 2017.

Jean-Roch Parent pratique en défense après avoir perdu son poste au bureau du DPCP en raison d'accusations de harcèlement et de non-respect d'engagement.

Il a reçu une absolution conditionnelle en 2015 pour ces événements survenus dans le contexte d'une séparation houleuse.

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