Le signal est on ne peut plus clair. Québec et maintenant Ottawa appuient Régis Labeaume sans réserve pour le projet de transport structurant. La voie semble pavée même si l'on ne connaît toujours pas ce qui est sur la table.

Une analyse de Louise Boisvert

Le projet de tramway vient tout juste de renaître de ses cendres qu'il reçoit l'appui des gouvernements. Jeudi, à peine avait-il foulé le parvis de l'hôtel de ville, que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, affichait ses couleurs en affirmant que le transport collectif serait au coeur des discussions avec le maire de Québec.

Régis Labeaume peut dormir tranquille. Ottawa a prévu des millions de dollars pour le projet de Québec. Quand viendra le temps de le présenter, les coffres ne seront pas vides, comme il le craignait l'automne dernier.

Le maire a également reçu l'aval du gouvernement Couillard en décembre. Le premier ministre lui aurait dit qu'il pouvait à nouveau avoir des ambitions pour sa ville.

De retour de la période des Fêtes lundi, Régis Labeaume n'a pas caché que son équipe travaille fort depuis des semaines sur le projet de tramway.

Les détails seront connus dès cette année. La Ville ne part pas de zéro. Le tramway est dans les cartons depuis une décennie.

« Avant les vacances d'été ? » a demandé un journaliste au sortir de la rencontre avec Justin Trudeau. « Very good try », a répondu en anglais le maire Labeaume.

Avec ces appuis sans condition, il est possible de croire que le maire de Québec va profiter de cette bonne conjoncture.

Plus tôt que tard.

S'il obtient le poids politique qu'il recherchait, la course électorale provinciale qui pointe à l'horizon pourrait lui jouer des tours.

Un enjeu de la prochaine campagne électorale

L'approbation de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est loin d'être acquise. Son influence dans la région fait partie de l'équation. Grand défenseur du troisième lien et allergique au tramway, les candidats de la CAQ pourraient jeter de l'ombre sur le projet de transport structurant.

La CAQ aura très probablement l'appui de Québec 21. L'opposition officielle à la Ville de Québec promet de mobiliser les citoyens pour forcer le maire à tenir un référendum.

Face à l'opposition, Régis Labeaume brandit le mandat clair de la population obtenu lors du scrutin du 5 novembre. Il inclut dans le lot les électeurs de Démocratie Québec.

Or, le parti d'Anne Guérette, le seul à avoir présenté un projet de transport collectif lors de la dernière campagne électorale, proposait un tracé en haute-ville.

Un choix rejeté jusqu'à maintenant par l'administration Labeaume puisque cette option entraînerait le retrait de voie automobile et d'espaces de stationnement, l'abattage d'arbres et la démolition de certains bâtiments, selon des documents produits par la Ville.

Même l'expert américain en mobilité, Jarett Walker, tête d'affiche du Sommet sur la mobilité organisé à la hâte par la Ville de Québec en septembre dernier, fait partie de ceux qui croient qu'un projet réussi de transport structurant doit d'abord desservir les corridors les plus fréquentés.

Après l'échec du SRB au printemps, le maire Labeaume cherchait à rétablir un consensus auprès des citoyens.

Fort de son mandat, il devra peut-être faire quelques compromis pour garder ses appuis.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Recettes de Noël - Ragoût de boulettes de dinde et épinards