Retour

Un chasseur aveugle dans la forêt gaspésienne

Un chasseur bien spécial parcourt la forêt gaspésienne depuis l'ouverture de la chasse à l'arc et l'arbalète cette fin de semaine. Le chasseur est aveugle. Son handicap est loin d'être un obstacle pour lui car il a déjà plusieurs trophées de chasse accrochés à son mur.

Un texte de Jean-François Deschênes

Nicolas Talbot a perdu la vue à l’âge de 18 ans, après une tentative de suicide.

Aujourd'hui, la chasse fait partie des activités qui ont redonné goût à la vie à l'homme de 31 ans. « Moi j'aime ça… On dirait des fois l'adrénaline, vu que je ne vois pas… [Est-ce que l’orignal] est proche? Est-ce qu'il n'est pas proche? » se demande-t-il à chaque fois qu'il entend les pas de l'animal dans la forêt?

C'est cette adrénaline qu'il recherche encore aujourd'hui et pour y arriver, il compte sur son guide qui se tient toujours près de lui.

Il lui dira où pointer son arbalète qui est sur un trépied et munie d’un pointeur laser. Il lui dira aussi quand tirer.

En cinq ans de chasse de cette façon, il a abattu deux ours, un orignal, un chevreuil et un sanglier.

Le chasseur de la région de Québec assure agir de façon sécuritaire ce qui satisfait son père, Michel Talbot. « Il y a moyen de le faire en toute sécurité », répond celui qui habite Saint-Romuald près de Québec.

Nicolas Talbot dit posséder un permis de chasse à l'arc et l'arbalète en règle. Cependant il n'a pas droit aux armes à feu.

Ministère de la Faune

Questionné sur les normes qui entourent cette chasse, l’agent de liaison du service de protection de la faune, Éric Couture, indique qu'il n'y a rien qui précise dans la réglementation qu'un chasseur doit-être voyant ou non pour pratiquer ce sport. Il doit cependant posséder au minimum un certificat et un permis de chasse valides.

M. Couture ajoute que s’il y a un accident, c’est la Sûreté du Québec qui devra trancher qui sur la responsabilité de l'acte. Est-ce le tireur qui est responsable ou celui qui donne le signal?

Une histoire inspirante

Joël Bernier de Grosses-Roches près de Matane, a été impressionné par la reprise en main du jeune homme qui offre aujourd'hui des conférences de temps en temps pour sensibiliser les gens sur la prévention du suicide.

M. Bernier l’invite, ainsi que son père, depuis quatre ans sur son territoire de chasse en Gaspésie. Depuis, ils sont devenus des amis de la famille. « C’est la façon qu’il se débrouille avec tout ça, c’est quand même incroyable. »

Nicolas Talbot ne connait pas d'autres chasseurs dans sa situation, mais il dit être en contact avec d'autres amateurs de chasse qui comme lui, ont perdu la vue au fil du temps. Il croit qu'ils pourraient eux aussi continuer de chasser malgré leur handicap.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine