Avec son large sourire, Marc Thomassin a l'air d'un homme de 76 ans comme les autres. Mais depuis 6 ans, dans sa poitrine, un coeur mécanique l'aide à retrouver des airs de jeunesse.

Un reportage de Maxime Corneau

M. Thomassin est de passage à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) pour célébrer le fait que 50 coeur mécaniques ont été greffés par l'équipe de l'Institut depuis 2009. Il est d'ailleurs le patient toujours vivant qui a son coeur depuis la plus longue période. « Je suis le doyen », dit-il fièrement.

« Je pesais 205 [livres] et j'étais tombé à 149 », se souvient M. Thomassin en pensant aux jours précédant son opération. Son coeur ne suffisait plus à faire circuler le sang dans son corps. C'est alors que son chirurgien lui a proposé de lui greffer un coeur mécanique.

Les coeurs mécaniques, d'une valeur de près de 125 000 $ chacun, sont greffés sur trois types de patients : ceux en attente d'une greffe cardiaque, ceux qui ont besoin d'aide temporaire lors d'une période d'insuffisance et les patients comme Marc Thomassin, qui le conserveront pour le reste de leur vie.

Un dispositif de turbine est greffé sur le coeur pour rétablir une circulation adéquate. Un autre module, qui contrôle les opérations, est porté à la ceinture du patient. Ce dispositif est alimenté par des batteries au lithium. Une proportion de 85 % des patients qui reçoivent une greffe survivent à la première année suivant l'opération. 

Il faut dire que la greffe d'un tel dispositif est un dernier recours. « C'est quand la survie du patient est fortement compromise et qu'il n'y a pas d'autre solution », explique le docteur Mario Sénéchal, cardiologue et responsable de la transplantation cardiaque à l'Institut.

Après quelques mois de convalescence, M. Thomassin a pris du mieux et il s'entraîne maintenant trois fois par semaine. « J'ai même pu jouer au golf », lance-t-il en riant, heureux d'avoir retrouvé son indépendance.

Sa conjointe, Marcelle Théberge, témoigne aussi de sa transformation. « J'ai retrouvé sa joie de vivre, sa résilience, sa détermination et son courage », dit-elle fièrement au bras de son mari.

Un coeur mécanique à 26 ans

Dans la même salle, Maxime Gallant est venu voir les chirurgiens qui l'ont traité en 2013. À 26 ans, c'était une question de vie ou de mort. « Quand je suis arrivé à l'hôpital, ils m'ont installé un cœur en catastrophe », explique le jeune homme. Son coeur ne poussait que 5 % du volume de sang normal d'un coeur en santé.

Selon lui, l'appareil lui « a sauvé la vie » sans aucun doute. « C'était de l'assistance ventriculaire. Il a aidé mon coeur à battre, le temps qu'il reprenne des forces ».

Après environ un an, son coeur mécanique a été retiré. Moins de 2 % des patients à l'échelle mondiale se font retirer l'appareil une fois greffé.

S'il peut faire du sport et voir ses amis autant que bon lui semble, Maxime Gallant ne peut toutefois pas quitter le pays.

« Mes assurances ne veulent pas! » lance-t-il riant, bien conscient que ce n'est pas son coeur qui lui impose des limites.

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