Le Collège des médecins tente d'empêcher un résident de Québec, Jean-Paul Lavoie, d'effectuer des consultations médicales. Le présumé thérapeute a été trouvé coupable à deux reprises de pratique illégale de la médecine et fait face à cinq nouvelles accusations semblables.

Le Collège demande une injonction immédiate pour empêcher Jean-Paul Lavoie de pratiquer la médecine à son domicile de l'avenue Rodolphe-Forget, dans le secteur de Sillery.

Jean-Paul Lavoie réalise des consultations en utilisant un appareil de physique quantique, appelé Scio, qui permettrait d'établir différents constats sur l'état de santé des gens.

Il qualifie sa pratique de « naturelle » et parle d'une « campagne de salissage sans précédent » à son endroit.

« C'est un outil qui ne fait pas de diagnostic, tout au plus une lecture de réactivité, c'est de la physique quantique », a expliqué Jean-Paul Lavoie, mardi, à la sortie de la salle d'audience au palais de justice de Québec.

Piégé par une enquêteuse

Après l'avoir condamné en 2006 et en février dernier, le Collège des médecins a poursuivi son enquête en mars. Une enquêteuse de l'organisation a consulté le faux médecin en se faisant passer pour une patiente.

La femme se plaignait d'une prétendue masse à l'intestin grêle. Son état de santé a été analysé par l'appareil qui fonctionne avec des sangles aux poignets, aux chevilles et à la tête. Ceci permettrait de lire des données « tant au niveau physique, mental, qu'astral », a expliqué Jean-Paul Lavoie à sa patiente, selon la requête présentée en cour mardi.

Il a décrit la machine comme « un appareil qui vaut en données 700 millions de dollars, qui contient 200 thérapies ».

Jean-Paul Lavoie a dit avoir détecté chez la femme des problèmes aux intestins qu'il a reliés à « un choc émotif très fort ». Il a parlé d'un problème héréditaire, soulignant que « sa mère a probablement vécu ce genre de choc semblable lorsqu'elle était enceinte d'elle ».

Il lui a aussi détecté d'autres problèmes de santé, comme des troubles aux muscles, une pierre au rein et un virus développé en raison du mercure de ses plombages.

En guise de traitement, Jean-Paul Lavoie lui a proposé notamment de faire des traitements au café et un produit nommé le « MMS », qui coûte 50 $. Quant à la consultation d'une d'une durée de trois heures, elle lui a valu une facture de 200 $.

Médecine naturelle

Jean-Paul Lavoie se qualifie d'autodidacte et explique s'être tourné vers la médecine « naturelle » après avoir subi une « opération inutile » au sinus au début de l'âge adulte.

Il dénonce le système médical. « Le but de la médecine est toujours le même, c'est l'industrie de la maladie, une industrie qui a juste un intérêt : augmenter sa business, augmenter ses profits. Le but, c'est de rendre les gens malades pour obtenir la possibilité de faire plus d'argent. »

Jean-Paul Lavoie affirme ne pas publiciser ses services, mais répondre simplement à la demande d'amis.

Il dit avoir accepté de rencontrer la « fausse patiente » en mars dernier parce qu'elle l'a harcelé pour le voir. « Tout ce qu'elle dit est trois quarts faux », plaide-t-il.

Jean-Paul Lavoie a demandé mardi au juge un délai pour se préparer puisqu'il n'avait pas d'avocat. Le magistrat le lui a accordé.

Le Collège des médecins, qui lui reproche d'avoir suggéré un traitement médical, prescrit des médicaments et porté des diagnostics sans être membre de l'ordre professionnel, réclame une injonction permanente pour qu'il cesse ses consultations en attendant une décision quant aux nouvelles accusations portées contre lui.

La requête sera entendue le 26 août. D'ici là, le Collège veut une injonction provisoire. Le juge doit rendre sa décision sur cette demande mercredi.

La procureure du Collège, Joannie Poirier, estime que l'organisation doit prendre « des mesures plus grandes » cette fois-ci en raison des deux condamnations précédentes.

En février dernier, Jean-Paul Lavoie a été condamné à une amende de 7000 $ après avoir été trouvé coupable d'un chef d'accusation de pratique illégale de la médecine. En 2006, il avait plaidé coupable à trois chefs d'accusation pour des infractions similaires.

S'il est reconnu coupable des cinq nouvelles accusations, il est passible d'amendes totalisant près de 93 000 $.

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