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Un « Google Maps » pour personnes en fauteuil roulant

Bornes fontaines au milieu d'un trottoir, fissures dans le pavé, pentes trop abruptes ; les obstacles sont immenses pour une personne à mobilité réduite qui se déplace dans un centre-ville. Des chercheurs de Québec ont voulu régler le problème en créant un véritable « Google Maps » pour les personnes en fauteuil roulant.

Un texte d’Alexandre Duval

« De se faire aider tout le temps pour franchir quelque chose, un moment donné tu te dis : est-ce que l’autonomie c’est juste pour les gens qui sont debout? », lance Raynald Pelletier, un quinquagénaire atteint de spina-bifida.

Comme il travaille au centre-ville de Québec, il est à même de témoigner que ses déplacements en fauteuil roulant sont parfois périlleux. Il suffit d’un passage dans le quartier Saint-Roch pour le constater.

Son souhait serait de pouvoir un jour se déplacer « sans se poser la question "est-ce qu’on va être capable d’y aller sans avoir le risque de se faire mal et de tomber" ». C’est la raison d’être de l’application MobiliSIG.

Une application personnalisée

Mise au point par une équipe de l’Université Laval, MobiliSIG permet aux personnes en fauteuil roulant de passer du point A au point B dans la ville de Québec, mais en empruntant le trajet le mieux adapté à leur handicap.

Grâce aux données ouvertes de la Ville, notamment, l’application recense des obstacles liés à l’aménagement urbain et aux conditions météorologiques.

Lorsqu’il ouvre MobiliSIG pour la première fois, l'utilisateur doit d’abord répondre à une douzaine de questions qui permettent de cerner ses limites.

« Est-ce que tu peux traverser une intersection, descendre une pente, monter une pente, faire le déplacement dans différentes conditions? », énumère le chercheur responsable du projet, Mir Mostafavi. Cette personnalisation est essentielle, explique-t-il.

L’utilisateur accède ensuite à une carte semblable à celle de Google Maps, où il lui suffit d’entrer son point d’origine et sa destination.

Vert, jaune, rouge

Apparaît alors un trajet qui correspond aux capacités de l’utilisateur. Il est composé de trois couleurs : le vert pour confirmer que l’endroit est sans embûches, le jaune pour signaler un obstacle moyen, et le rouge pour indiquer un gros problème sur le parcours.

S’il le désire, l’utilisateur peut choisir le trajet le plus court, mais qui risque de comporter plus d’obstacles. Il peut aussi opter pour le trajet le plus long, mais le moins risqué. Enfin, il est possible de sélectionner un compromis entre la distance et les obstacles à franchir.

Le prototype de MobiliSIG est totalement fonctionnel; l’équipe de Mir Mostafavi doit maintenant trouver un partenaire pour le rendre accessible au plus grand nombre. Un projet pilote est aussi en cours à Montréal afin d’élargir le nombre d’utilisateurs potentiels.

Pour Raynald Pelletier, l’application MobiliSIG représente un outil inestimable, à la fois pour assurer sa sécurité et accroître son autonomie. « J’aimerais qu’on ait la chance de sentir ça, que nous aussi on peut être autonome malgré la situation qu’on vit. »

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