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Un militant procannabis en croisade au palais de justice

Au beau milieu du palais de justice de Québec, la scène paraît surréaliste. Raymond Turmel, un militant procannabis de 62 ans, brandit un sac rempli de marijuana devant des constables spéciaux impuissants.

Un texte de Maxime Corneau

« J'ai le droit d'en avoir plusieurs onces! », lance l'homme, qui a tous les permis nécessaires pour fumer et cultiver sa marijuana à des fins médicales pour soigner son arthrite.

Mais au-delà de cette fanfaronnade pour célébrer le 20 avril, la journée internationale du cannabis, Raymond Turmel s'est présenté au palais de justice pour épauler un autre militant et faire changer, rien de moins, que les lois canadiennes.

René Ouellet est accusé de production de marijuana en vue d'en faire le trafic. En 2013, il produisait illégalement plus de 200 plants de cannabis pour produire, allègue-t-il, de l'huile et du haschisch pour un de ses amis souffrant du cancer, aujourd'hui décédé.

Les deux hommes tentent de faire tomber les accusations contre René Ouellet. Ils estiment qu'une décision de la Cour suprême de 2015, qui autorisait la transformation de marijuana médicale en huile et en produits comestibles, invalide les lois qui criminalisent la consommation et la production de marijuana.

« La loi n'est pas constitutionnelle, la loi n'est pas valide. S'il gagne aujourd'hui [René Ouellet], tout le monde pourra fumer partout », lance Raymond Turmel, rempli d'espoir.

Selon lui, quatre autres accusés au Canada ont convaincu des juges de prendre leur cause en délibéré dans des cas similaires.

Toujours illégal

Lorsqu'on lui souligne la présence remarquée de Raymond Turmel au palais de justice, le porte-parole du directeur des poursuites criminelles et pénales, René Verret, rappelle l'importance de ne pas banaliser la possession de marijuana. « Ça demeure illégal », lance le procureur.

Selon lui, bien que le gouvernement Trudeau ait annoncé des changements au Code criminel d'ici 2017, « La possession de cannabis demeure criminelle, et les gens doivent le savoir », conclut-il.

Un joint devant le palais de justice

Brandissant sa pancarte, Raymond Turmel s'allume un joint devant le palais de justice, saluant au passage les piétons.

Le militant espère que le gouvernement Trudeau tiendra sa promesse de légaliser le cannabis.« Ce sera spectaculaire. C'est l'année de la transformation! », s'exclame-t-il.

D'ici l'adoption d'une nouvelle loi, le militant devra toutefois lui-même faire face à la justice. Le 16 mai prochain, Raymond Turmel répondra à des accusations pour avoir excédé les quantités de marijuana qu'il a le droit de posséder.

Mais son dossier ne l'inquiète pas. « La loi est morte », lance-t-il, dans un épais nuage de fumée.

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