Au premier regard, le pont de la rivière Gilbert semble tout à fait normal, mais détrompez-vous. Il est le « joyau technologique » de l'autoroute 73 en Beauce, selon le ministère des Transports. Ce pont est le seul au Québec à être pourvu d'un système de déglaçage automatique.

Un reportage de Maxime Corneau

Au-dessus de la chaussée, une station météo automatisée calcule l'humidité ambiante, la température, les précipitations, le vent et l'adhérence de la route. Quand de la glace risque d'apparaître, le système se met en marche.

« Il y a des gicleurs dans la route qui projettent un produit déglaçant pour prévenir la formation de la glace noire sur le pont », explique Cynthia Boissonneau, porte-parole du ministère des Transports.

Les 44 gicleurs, 22 pour chaque direction, envoient sur la chaussée 120 litres d'acétate de potassium liquide lors d'un cycle. Les véhicules qui circulent à vive allure sur le pont finiront ensuite de distribuer également le produit sur toute la surface de roulement.

« L'acétate de potassium est moins corrosif que les sels de déglaçage utilisés normalement. [...] Ce n'est pas dommageable ni pour la structure ni pour l'environnement », fait valoir Mme Boissonneau.

Ce système de gicleurs du pont de la rivière Gilbert est un projet pilote d'une durée de trois ans. L'année dernière, peu de véhicules empruntaient le pont chaque jour puisque ce tronçon de la 73 n'était pas terminé. Le vrai test commence cet hiver, car l'autoroute est officiellement inaugurée depuis un mois.

L'installation du système a coûté 2,7 millions de dollars. Les coûts de construction du pont, eux, s'élèvent à 40 millions. Le MTQ estime que ce secteur était idéal pour tester ce système installé à seulement deux autres endroits au Canada.

« Le pont ici s'élève à un peu plus de 50 mètres au-dessus du sol, l'air circule beaucoup, on est dans un corridor naturel de vent et il y a une forte présence d'humidité. Ce sont tous des facteurs qui permettent la formation de glace plus rapidement que sur le reste de l'autoroute », détaille Cynthia Boissonneau.

Les techniciens du MTQ peuvent accéder aux données de la station météo en temps réel et déclencher manuellement un cycle de déglaçage s'ils le souhaitent. Lorsque le système ou un technicien enclenche un cycle, la station de pompage sous le pont se met en marche.

Les gicleurs sont toutefois alimentés un à la fois pour éviter de surprendre les automobilistes et de les distraire. Le MTQ confirme qu'aucun accident lié à de la glace noire n'a été constaté l'an dernier sur le pont de la rivière Gilbert lors de la première année du projet pilote.

Le ministère de Transports attendra la fin du projet avant de planifier ou non la mise en place d'autres systèmes de déglaçage automatique au Québec.

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