Une résidente de Québec souhaite conserver son potager à l'avant de sa maison, et ce, malgré une interdiction formelle de la Ville de Québec. L'administration municipale lui donne jusqu'au 1er août pour déménager ses plantes potagères de l'avant vers l'arrière de sa maison.

Véronique Chapier aménage son potager devant sa résidence de l'arrondissement Charlesbourg depuis plusieurs années. Elle soutient que sa cour arrière est trop ombragée pour lui permettre de faire pousser certaines variétés. Mme Chapier affirme également vouloir partager ses récoltes avec les passants.

Elle a reçu la visite d'un inspecteur municipal qui lui a demandé d'enlever ses plantes potagères. Leur présence à l’avant de la résidence contrevient au Règlement d'harmonisation sur l'urbanisme.

Louisette Alain et Claude Aubut habitent la maison voisine. Ils ont porté plainte auprès de la Ville à plusieurs reprises pour que leur voisine entretienne mieux son terrain.

« Moi, j'en fais du jardinage et je ne dérange personne, mais j'entretiens mon terrain aussi », explique madame Alain.

Elle déplore notamment le désordre qui règne sur le terrain de sa voisine et affirme que cela nuit à la vente de sa maison.

Véronique Chapier admet que l'inspecteur a relevé plusieurs autres infractions sur son terrain.

« Ce qui me tient à coeur surtout c'est la réglementation au niveau municipal sur les potagers en façade », affirme la Charlesbourgeoise.

Elle assure qu'elle a bel et bien l'intention de faire le ménage qui s'impose dans sa cour, mais elle espère que la Ville de Québec changera sa réglementation

« Ce qui m'énerve, c'est que les parlementaires ont droit, eux, à leur potager en façade », déplore-t-elle.

Véronique Chapier fait référence à la présence d'un énorme potager devant l'Assemblée nationale, à Québec. La porte-parole de la Ville Marjorie Potvin précise que dans ce cas, le potager est situé dans la cour avant secondaire de l'édifice en question c'est-à-dire que l'adresse officielle de l'Assemblée nationale ne se situe pas du côté du potager.

Des potagers permis ailleurs

D'autres villes permettent la présence de potagers devant les résidences. C'est le cas notamment de Lévis et de Drummondville. Dans le cas de cette dernière, c'est un couple ayant fait la manchette en 2012 qui a mené la lutte.

Il avait décidé de cultiver des fruits et des légumes devant sa maison étant donné qu'il n'y avait pas assez d'ensoleillement dans la cour arrière, et ce, malgré l'interdiction de leur municipalité.

En 2013, après que l'opinion publique eut fait pression sur les autorités, un règlement municipal a été adopté pour permettre l'aménagement de potagers en façade à Drummondville.

Vers un changement de réglementation à Québec?

La Ville de Québec souhaite encourager davantage l'agriculture urbaine. Elle évalue présentement les moyens pour y parvenir. Aucun échéancier n'a toutefois été fixé.

« Il y aura une politique de développée à ce sujet. Suivra par la suite la modification réglementaire pour peut-être le permettre, éventuellement, si ça fait partie des choix qui sont retenus », précise la porte-parole de la Ville de Québec Marjorie Potvin.

Bien qu'interdits, les potagers à l'avant des résidences sont tolérés à Québec, ajoute-t-elle. L'inspecteur ne se déplace qu'en cas de plainte de résident.

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