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Un Québécois atteint le pôle Sud en solitaire

Le Québécois Sébastien Lapierre est devenu lundi le premier Canadien à atteindre le pôle Sud en solitaire, un exploit accompli après 42 jours et 5 heures d'expédition dans des conditions extrêmes.

Un texte de Jean-Philippe Martin

« Quand je suis arrivé au pôle Sud, ç’a été un flux d'émotion. En posant la main sur le marqueur, tout est remonté. Un sentiment d'accomplissement incroyable, mais aussi un sentiment de relâchement de toute cette pression et, disons-le, de souffrance accumulée », raconte l’explorateur dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Celui qui exerce la profession de pompier à Québec a bravé le vent et des températures de moins 50 degrés pour franchir en ski les 1200 kilomètres qui le séparaient de la station de recherche scientifique Amundsen-Scott, située à 2800 mètres d'altitude en Antarctique.

Un club sélect

En devenant le premier Canadien à atteindre le marqueur officiel du pôle Sud en solitaire et en autonomie complète, Sébastien Lapierre est conscient d’avoir accompli un fait d’armes hors du commun.

« Un sur 30 millions, c'est pas rien! Et même dans le monde, on est seulement une vingtaine à avoir fait ça. C'est un club sélect dont je fais maintenant partie », raconte l'homme de 38 ans, qui avoue ne pas avoir dormi du tout dans la nuit qui a suivi son arrivée.

Autonomie de 50 jours

Sébastien Lapierre était parti avec les ressources nécessaires pour être autonome pendant 50 jours, mais il espérait parcourir la distance en 45 jours. Il est rentré au camp avec des réserves et en avance sur son itinéraire de voyage. Sa grande fierté est toutefois de ne jamais avoir été ennuyé par des problèmes de santé.

Moi, le pire que j'ai eu, c'est des petites ampoules aux talons les premières journées.

Sébastien Lapierre

« Chaque semaine, j'appelais les médecins au camp de base et même eux ont été surpris. Ils me posaient des questions à chaque fois pour essayer de me trouver des problèmes, raconte l’aventurier. J'arrive ici et je vois les autres gens qui arrivent d'expédition avec des engelures dans la figure, les doigts gelés, des genoux amochés, des muscles endoloris. »

Visibilité nulle

L'expéditeur croyait que le vent serait son pire ennemi, une fois sur le terrain, mais il ne s'attendait pas à devoir composer avec des conditions de visibilité nulle. Pendant cinq ou six journées, les nuages l'empêchaient de faire la distinction entre ciel et terre.

« On ne voit même pas où on pose les pieds. Le cerveau n'est pas capable de prédire comment s'adapter. On est tout le temps en déséquilibre, on n’avance pas beaucoup. Ç'a été très dur sur le moral », confie-t-il.

Retour à la maison

Sébastien Lapierre passera quelques jours « dans le luxe » de la station de recherche en attendant de prendre un vol vers le Chili samedi. Il précise cependant qu'en Antarctique, c'est « la météo qui est reine » et le voyage du retour pourrait être retardé si les conditions météo sont mauvaises.

Si tout va bien, il retrouvera sa conjointe et ses enfants au Québec le 18 ou le 19 janvier.

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