Dan Gosselin signe un premier livre passionnant, issu des souvenirs qu'il a conservés de son oncle Léopold Lafrenais, personnage hors norme né au début du siècle dernier et, pendant un temps, membre du gang d'Al Capone sous le nom de Frenchie. Rencontre dans le cadre du Salon international du livre de Québec.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Imaginez un jeune Lévisien de 15 ans monté clandestinement à bord d'un train, en route pour les grandes forêts ontariennes. Travaillant dans un camp de bûcherons, il rencontre un Américain d'origine italienne avec qui il se lie d'amitié.

Quelques années plus tard, il décide de l'accompagner à Chicago. Nous sommes en pleine prohibition. Ce jeune homme, c'est Léopold Lafrenais alias Frenchie pour les proches d'Al Capone.

Cette vie extravagante est racontée à partir des souvenirs de Dan Gosselin, souvenirs qu'il a gardés de ses conversations avec son oncle, Léopold « Paul » Lafrenais.

L'écrivain explique avoir voulu rendre hommage à son oncle en retraçant son parcours atypique : « Il vient d'un environnement très, très, très religieux, très catholique, et lui, il décide très jeune qu'il est athée. Déjà là, c'était exceptionnel pour l'époque », raconte l'auteur.

Frenchie, surnom qu'il tient du fait qu'il parle français, sera tour à tour joueur de poker, chauffeur d'Al Capone, membre d'organisations criminelles, gérant d'établissements clandestins, débardeur et homme d'affaires prospère. Il survivra plusieurs fois à la mort et, même, à bien pire encore!

Le bien et le mal

« C'est avant toute chose un livre sur le bien et le mal, et ce qui en reste après », confesse Dan Gosselin. « Je me disais enfant : "ce n'est pas bien ce que j'entends". Mais lui, je l'aime bien. Ça m'a troublé très vite et lui participait à ça dans le sens, qu'alors très âgé il me disait : ¨Je voudrais que ce soit bien clair, ce n'est pas beau, on ne fait pas ça et je le regrette¨. »

Une immense recherche

Afin d'en savoir plus sur le parcours de son oncle, le neveu n'a pas ménagé ses efforts. Il estime avoir passé autant de temps à faire des recherches qu'à écrire le récit de Frenchie.

« J'ai fait des recherches. J'ai communiqué avec beaucoup de centres d'archives. J'ai communiqué avec la police fédérale aux États-Unis, j'ai communiqué avec beaucoup d'instances et j'ai retrouvé des actes notariés, des documents qui témoignent de sa crédibilité. »

Les recherches de Dan Gosselin lui ont aussi permis de peindre l'époque avec fidélité. On plonge avec bonheur dans ce récit biographique qui ferait une excellente série télévisée.

On imagine facilement le Québec d'autrefois, le Chicago des années 20, les bars de jazz enfumés ou encore les règlements de compte sanglants. Au-delà du bien et du mal, Frenchie dresse le portrait fascinant d'un homme complexe et attachant.

Dan Gosselin sera présent au Salon international du livre de Québec samedi et dimanche.

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