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Un sauvetage dans des conditions extrêmes au mont Wright

Deux jeunes femmes dans la vingtaine ont dû être secourues dans des conditions exceptionnelles, dimanche soir, au mont Wright près de Stoneham. L'opération de presque 8 h 00 heures a pris fin en pleine nuit, vers 1 h 45, et un pompier s'est aussi retrouvé en difficulté.

« C'est vraiment une situation d'exception. Elles se sont retrouvées dans un secteur non balisé dans un endroit avec des pentes à 90 degrés. Il a fallu se rendre à travers le bois dans un endroit extrêmement escarpé », explique Jean-Marc Nolin, directeur du Service de la sécurité incendie de Stoneham-Tewkesbury.

Les jeunes femmes étaient en randonnée lorsque l'une d'elles a fait une chute d'une falaise abrupte après s'être aventurée hors du sentier. En tentant de lui venir en aide, son amie s'est retrouvée sur un cap rocheux, incapable de monter ou descendre.

Les pompiers de Stoneham ont pu localiser les randonneuses un peu après 18 h grâce au signal GPS d'un cellulaire.

Un pompier qui tentait de porter assistance à la jeune femme coincée sur la corniche s'est lui aussi retrouvé en mauvaise posture. Il faisait noir et la pente était trop glacée en raison du froid pour pouvoir l'escalader.

« Il a évalué la situation et il devenait impossible pour la sécurité de tout le monde de sortir cette personne-là par ses propres moyens », précise Jean-Marc Nolin.

Hélicoptère en renfort

Un hélicoptère de la Sûreté du Québec a été appelé en renfort vers 20 h 30. Puisqu'il n'y a pas d'appareil basé à Québec, il est parti de Saint-Hubert pour arriver sur place près de deux heures plus tard.

« Le policier doit descendre à travers les arbres pour atteindre les plateaux. Ce n'était vraiment pas évident. L'hélicoptère faisait du sur place tout le long de la descente. Tout s'est bien déroulé, mais ça prend du temps », précise Jean-Marc Nolin.

La jeune femme et le pompier ont finalement été secourus de la falaise à 1 h 45 en pleine nuit au terme d'une opération spectaculaire. La SQ parle de délai normal dans les circonstances.

« Le temps que l'hélicoptère parte de Saint-Hubert et se rende sur place, par la suite il y a eu le sauvetage héliporté qui est très technique. Ce sont des sauvetages assez spécialisés », précise la porte-parole de la SQ, Christine Coulombe.

Pour ajouter à l'aventure, le chien d'une des randonneuses a aussi donné du fil à retordre aux secouristes qui ont été mordus à quelques reprises. La bête a aussi été descendue en rappel par les pompiers.

Hélicoptère nécessaire?

L'alpiniste François-Guy Thivierge, qui est propriétaire et formateur au Roc Gym de Québec, s'interroge sur l'opération menée. Sans connaître tous les détails de son déroulement, il estime qu'une opération à l'aide de corde aurait évité à la victime d'être coincée de longues heures sur la falaise.

« On part de Québec, on monte, ça prend une demi-heure, on arrive là et on monte, ça prend une autre demi-heure. On arrive donc proche de la victime une heure après l'appel. Par la suite, une grosse heure et la personne est en bas », détaille-t-il, pour expliquer le scénario qu'il aurait proposé.

Selon l'expert qui gravit plusieurs fois par année le mont Wright, les pompiers de Québec ont une équipe spécialisée en sauvetage avec cordes et auraient pu venir en aide. Le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec a par ailleurs confirmé ne jamais avoir reçu d'appel relatif à cet événement.

Sentier sécuritaire?

Une autre randonneuse s'est blessée en octobre dernier au mont Wright après avoir fait une chute. La sécurité des sentiers ne serait toutefois pas en cause, assure le maire de Stoneham, Robert Miller.

« Est-ce que le mont Wright est sécuritaire? Oui, les sentiers sont balisés. Lorsqu'on suit les balises, on ne peut pas se tromper, aller et retour », dit-il.

Malgré le froid, la randonneuse secourue dimanche n'a été blessée que légèrement à la cheville et n'a pas souffert d'hypothermie.

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