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Un syndicat invite les étudiants à délaisser l'Université Laval

La journée portes ouvertes de l'Université Laval, samedi, a été assombrie par une publicité du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). L'organisation, qui représente plus de 1900 travailleurs sur le campus, invite les futurs étudiants à s'inscrire dans un autre établissement en raison d'un possible conflit de travail l'hiver prochain.

« Dans le cadre des négociations avec l'Université Laval, le SCFP ne peut garantir qu'il n'y aura pas un conflit pouvant perturber la session d'hiver (grève, lock-out, etc.) », prévient la publicité du SCFP.

« Pour éviter tout risque de perdre votre session, des options s'offrent à vous », lance le SCFP aux futurs étudiants. La publicité enchaîne en énumérant la liste des autres campus où ils peuvent s'inscrire au Québec, avec la mention « Pourquoi prendre une chance? ».

Les 1922 cols bleus, cols blancs, employés de soutien et employés techniques représentés par le SCFP sont sans convention collective à l'Université Laval depuis le 1er avril dernier.

Deux rencontres de travail sont prévues le 25 novembre et le 14 décembre prochains. Compte tenu du fossé qui oppose les deux parties, le syndicat croit cependant qu'il est peu probable de parvenir à une entente.

« Les demandes de l'employeur sont absolument méprisantes envers l'ensemble de son personnel », dit Éric-Jan Zubrzycki, conseiller syndical au SCFP.

Il affirme que des emplois déjà précaires pourraient le devenir encore davantage, et craint que l'employeur ne veuille effectuer de la surveillance électronique des syndiqués.

Si le SCFP ne perçoit pas un changement de ton de la part de l'employeur lors de la rencontre du 14 décembre, il prévient qu'une assemblée générale sera organisée pour discuter des moyens de pression qui pourraient être pris.

Le SCFP n'écarte pas la possibilité d'en venir à une grève ou d'être soumis à lock-out dès cet hiver.

Advenant un conflit, le syndicat prévient qu'il a les ressources pour soutenir des moyens de pression durant une période de plus d'un an, en versant l'équivalent de 80 % du salaire de ses membres.

L'Université réserve ses commentaires

Rencontrée à l'occasion de la journée portes ouvertes, la vice-rectrice adjointe aux études, Nicole Lacasse, a préféré ne pas faire de commentaires.

Elle soutient qu'il ne s'agit pas de sa juridiction professionnelle et rappelle que deux rencontres de travail approchent à grands pas.

Avis partagés chez les étudiants

Une étudiante qui prévoit s'inscrire en architecture et qui était présente à la journée portes ouvertes, samedi, s'est montrée partagée par les propos du syndicat.

« Pour l'instant je ne sais pas encore où est-ce que je vais aller, donc, ça peut influencer, mais je ne vais pas juste me baser là-dessus », a-t-elle dit.

Une autre étudiante s'est dite plutôt préoccupée par ce possible conflit de travail. « Si ça peut brimer mes études, c'est sûr que oui, je serais peut-être portée à faire un autre choix d'université. »

Le son de cloche est cependant différent chez une autre jeune femme rencontrée sur le campus, pour qui la réputation de l'Université Laval demeure le facteur le plus important pour prendre une décision.

« Les programmes sont bien structurés. C'est près de chez nous, donc je ne vois pas pourquoi on irait ailleurs. »

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