Un chercheur du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec a terminé l'essai clinique d'un médicament qui permet aux muscles des jambes d'un patient complètement paraplégique ou tétraplégique de se contracter. L'essai clinique du médicament, le Spinalon, a été réalisé sur 45 patients.

L'objectif n'est pas de redonner la capacité de marcher normalement aux patients, mais plutôt de leur permettre de marcher de 30 à 45 minutes sur un tapis roulant.

C'est le chercheur Pierre Guertin qui a inventé le Spinalon. Le chercheur explique que l'objectif du Spinalon est de contrer les effets physiques secondaires de la paralysie, comme l'obésité ou le cholestérol.

« Ça ne redonne pas la marche normale. Un individu ne pourra pas tourner à droite, à gauche ou avoir 45 minutes pour faire l'épicerie. Ce n'est pas ça le but. C'est de permettre un entraînement intense sur tapis roulant [...] pour contrer tous les problèmes de santé secondaires de ces personnes-là », explique le chercheur.

Sur la planète, plus de 10 millions de personnes sont complètement paralysées et pourraient bénéficier des effets de ce nouveau médicament. Au Québec, environ 6000 personnes sont paralysées.

EN VIDEO Un patient paralysé réussit à bouger la jambe : 

Fonctionnement complexe

Le Spinalon permet de « réactiver pharmacologiquement le réseau de neurones dans la moelle épinière », résume Pierre Guertin.

Le chercheur et son équipe avaient précédemment obtenu de très bons résultats sur des souris.

« C'était spectaculaire! Des souris pour lesquelles il n'y avait plus aucun contrôle dans les pattes arrière, donc complètement paraplégiques, tout d'un coup en 15 minutes, elles se lèvent et se mettent à marcher sur un tapis roulant. »

Recherche de financement

Le chercheur est actuellement à la recherche de financement. Près de 8 millions de dollars sont nécessaires pour procéder à la prochaine étude clinique au Canada, aux États-Unis et en Europe.

La première étape de la recherche a été payée par l'armée américaine. Le Spinalon pourrait permettre de traiter de nombreux vétérans.

Pierre Guertin croit que d'ici cinq ans le médicament pourrait être disponible.

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