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Une campagne pour recruter les jeunes dans l'armée

Une nouvelle campagne de recrutement intitulée Osez vous surpasser sera lancée sur les médias sociaux et au cinéma dès le 23 juin. En mettant de l'avant les études payées, les voyages et le travail humanitaire, les Forces armées canadiennes souhaitent interpeller les jeunes de la génération du millénaire et les intéresser à une carrière militaire.

Un texte de Cathy Senay

Cet effort de recrutement s'inscrit dans un contexte où l'armée éprouve des difficultés à atteindre sa cible actuelle de 68 000 membres de la Force régulière d'ici 2018-2019. Dans son rapport publié l'automne dernier, le vérificateur général du Canada a d'ailleurs souligné les difficultés rencontrées pour attirer des recrues et les retenir au sein des Forces.

Pour atteindre son objectif, la Défense nationale envisageait de recruter 5200 militaires en 2016-2017. Or, c'est environ 4542 militaires en devenir qui se sont manifestés jusqu'ici. « On est loin du 5200 », souligne Rémi Landry, lieutenant-colonel à la retraite et professeur associé à l'Université de Sherbrooke.

La dernière campagne de recrutement d'envergure dans l'armée remonte à 2006 et s'est échelonnée sur cinq ans. Lancée au moment de la mission canadienne dans le sud de l'Afghanistan, elle invitait à « combattre au sein des Forces canadiennes. »

Le ton de la nouvelle offensive est bien différent, analyse Rémi Landry : « On tranche avec celui qu'on a vu durant les années de guerre en Afghanistan où on avait besoin de militaires pour aller combattre. »

Des nouveaux métiers à découvrir

L'ancien militaire insiste sur l'importance de valoriser les métiers techniques dont l'Armée canadienne a un urgent besoin : des pilotes de drones, des opérateurs de sonars, des spécialistes des systèmes de communication et d'information, etc. La campagne vise d'ailleurs à faire connaître d'autres métiers que celui de combattant.

Recruteur pour les Forces armées canadiennes à Québec, le sergent Patrick Proulx-Alarie confirme que les jeunes hésitent à se diriger vers des métiers techniques même s'ils sont intéressés à la nouvelle technologie.

« Souvent le réflexe est de penser aux métiers de combat : l'infanterie, les blindés, l'artillerie. Donc, les personnes qui sont intéressées dans les domaines techniques ou plus technologiques vont aller au privé ou dans le secteur public. Elles ne vont pas penser d'aller vers les Forces armées canadiennes », explique-t-il.

Le sergent Proulx-Alarie croit également que les inondations du printemps au Québec ont contribué à faire connaître une autre facette du travail des militaires.

« Cela a permis de démontrer que, oui, il y a eu l'Afghanistan, mais aussi tout ce qui est lié aux catastrophes naturelles, donc aider les citoyens au pays. Les Forces armées sont capables de réagir assez promptement. » Le recruteur ne croit pas cependant que la situation ait contribué à une vague d'enrôlement.

Un profil qui change

Croisé au Centre de recrutement de Québec, Tommy Lacombe-Gingras, un électricien de 25 ans, confirme que ces nouvelles perspectives de carrière sont susceptibles de plaire aux recrues.

« Je ne dis pas que je ne me serais pas enrôlé pendant la mission canadienne en Afghanistan, mais j'avais une certaine réticence par rapport à ça. Je suis plus motivé aujourd'hui à aller vers un poste technique que d'aller en Afghanistan avec l'armée au complet », dit-il.

Le 7 juin dernier, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a dévoilé la nouvelle politique de l'Armée comprenant un objectif d'enrôlement revu à la hausse avec 71 500 membres pour la Force régulière, soit une augmentation de 3500 militaires. Aucun échéancier n'a été fixé pour atteindre cette nouvelle cible.

L'Armée canadienne souhaite aussi alléger son processus de recrutement.

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