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Une cigarette électronique nouveau genre fait son apparition à Québec

Les fumeurs de Québec ont accès depuis quelques jours à un nouveau produit de remplacement de la cigarette traditionnelle : l'IQOS. Alors que la compagnie Philip Morris vante les mérites de son produit « sans fumée » développé à coup de milliards de dollars, des voix s'élèvent pour inviter les consommateurs à la prudence.

Un texte de Maxime Corneau

François Lebel, le copropriétaire de la Tabagie de la Place dans le quartier Saint-Roch, est l’un des deux marchands de Québec qui offre l’IQOS depuis quelques jours. Un représentant de Philip Morris sera dans son commerce pour les six prochaines semaines afin d'expliquer le nouveau produit aux clients qui le souhaitent.

« On n'a jamais vu les cigarettiers mettre autant d’efforts et autant d’énergie pour essayer de développer un produit », lance le commerçant.

L'IQOS est un dispositif électronique qui chauffe un bâtonnet de tabac au lieu de le brûler. Le consommateur aspirerait donc jusqu’à 95 % moins de composés nocifs, selon les études fournies par l’entreprise Philip Morris.

« C’est la nouvelle façon pour les cigarettiers de concurrencer les vapoteuses, parce que cet instrument-là coûte beaucoup moins cher qu’une vapoteuse au départ », explique M. Lebel, qui vend l’appareil pour une soixantaine de dollars. Les petites cigarettes se vendent à un prix similaire aux cigarettes traditionnelles.

M. Lebel soutient que le produit lancé sur le marché canadien au début de l'été arrive à point dans une industrie en perte de vitesse.

« Les ventes de tabac représentent 30 % de notre commerce alors que ç'a déjà été 60 %. Depuis environ deux ans, on remarque des baisses d’environ 15 % à 20 % par mois par rapport aux années précédentes, c’est un domaine un peu en déclin. »

Appel à la prudence

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT) met en doute les études avancées par l’entreprise Phillip Morris concernant la faible nocivité du produit par rapport à la cigarette.

« Autre que les allégations du fabricant, il n’y a pas d’étude à long terme ni d’étude scientifique », lance Flory Doucas, la porte-parole de la coalition.

Selon Mme Doucas, les consommateurs auraient tout intérêt à utiliser des produits de remplacement vendus en pharmacie et remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec plutôt que de se tourner vers l’IQOS.

« Ce sont des fabricants qui nous ont déjà menti dans le passé […] Il n’y a pas si longtemps, ils disaient que les cigarettes douces et légères étaient une nouvelle avenue, des cigarettes moins dommageables pour la santé », peste-t-elle.

« J’adore! »

Devant la Tabagie de la Place, un client, Aimé Cochet, se réjouit d’apprendre que l’IQOS était maintenant en vente à Québec. Après avoir pris une bouffée, il rejette une légère vapeur, moins épaisse que la fumée d'une cigarette.

Le jeune homme dans la vingtaine consomme le produit depuis quelques semaines, et il devait auparavant se le procurer à Montréal. Il ne fume plus de cigarettes traditionnelles depuis qu’il a découvert l'IQOS.

« Mes poumons ne sont pas pris, je ne tousse pas, je ne crache pas le matin. Ça décharge toute la mauvaise fumée de la cigarette », dit-il, convaincu des vertus du produit.

L'IQOS est l’acronyme pour I quit ordinary smoking, ou j'arrête la fumée ordinaire.

Jusqu’à présent les ventes à Québec sont modestes à la Tabagie de la Place. « À date, on en a vendu deux seulement », confirme François Lebel, qui préfère diversifier son commerce dans le créneau des bières de microbrasseries plutôt que de miser sur le tabac, quelle que soit sa forme.

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