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« Une DPJ des bâtiments » pour protéger les édifices négligés

Même si la Ville de Québec dispose déjà d'une réglementation pour forcer les propriétaires récalcitrants à entretenir des bâtiments laissés à l'abandon, elle est nettement insuffisante, estime Julie Lemieux. La Ville réclame « de nouveaux pouvoirs » qui n'existent pas jusqu'à présent : « Une espèce de DPJ des bâtiments », illustre la conseillère.

Cette nouvelle réglementation pourrait se retrouver dans le projet de loi qui accordera un statut particulier à la Capitale-Nationale. Les libéraux ont promis son adoption à l'Assemblée nationale d'ici la fin de la session parlementaire vendredi.

L'objectif de la Ville n'est pas de devenir propriétaire des immeubles ni de les rénover, mais de pouvoir en transférer la propriété à des personnes intéressées à les rénover.

« Ce qu'on a proposé au gouvernement, c'est de pouvoir exproprier un propriétaire, de faire un appel de proposition à l'intention d'autres promoteurs qui seraient intéressés à rénover le bâtiment en question et on pourrait le transférer à ce tiers. Donc, la Ville ne fait pas les travaux à sa place. »

La conseillère Julie Lemieux répète que les pouvoirs dont dispose la Ville de Québec actuellement en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme sont limités, complexes et coûteux. Une intervention est possible principalement pour des enjeux de salubrité et de sécurité, précise la conseillère, et les amendes sont dérisoires.

Des infractions pénales ont d'ailleurs été signalées ces dernières années, dans le cas de la Maison Pollack, mais sans résultat. La Ville est aussi intervenue en vain au 47 de la rue Sainte-Geneviève, un bâtiment abandonné depuis 7 ans dans le Vieux-Québec.

« On voit comment ça peut être coûteux pour une ville de se confronter à certaines propriétaires », souligne Julie Lemieux. « On va au maximum de ce qu'on peut faire actuellement. Ce n'est pas suffisant, on doit pouvoir avoir des moyens plus costauds. »

« Tous les pouvoirs d'agir »

Anne Guérette accuse l'administration Labeaume de ne rien faire depuis près de 10 ans pour préserver le patrimoine.

La conseillère de Démocratie Québec affirme que la Ville dispose déjà des pouvoirs nécessaires pour forcer les propriétaires à entretenir une maison laissée à l'abandon.

« La Ville a plusieurs recours judiciaires, c'est vrai. Si on avait commencé à s'en servir vers 2007, 2008 peut-être qu'on serait déjà pas mal plus avancés. C'est facile de dire aujourd'hui : "C'est long, c'est compliqué." On aurait pu s'en servir bien avant. »

Anne Guérette souligne entre autres que la Ville peut citer les bâtiments pour qu'ils soient assujettis à la Loi sur les biens culturels. « Qu'on arrête de dire qu'on n'a pas de pouvoir et qu'on est en attente du gouvernement », a lancé la conseillère au conseil municipal.

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