Des citoyens de Château-Richer, qui soupçonnent des irrégularités concernant la gestion financière de la municipalité, demandent au ministère des Affaires municipales d'enquêter.

Un texte de Jean-François Nadeau

Selon des documents confidentiels obtenus par Radio-Canada, plusieurs plaintes ont été déposées par une dizaine de citoyens depuis le début de l'année auprès du ministère. Ces citoyens, qui préfèrent ne pas être identifiés par crainte de représailles, se demandent, entre autres, pourquoi les élus se sont accordé des hausses salariales importantes en 2014.

Le salaire du maire est passé de 16 500 $ par année à 24 750 $. Le salaire des conseillers est quant à lui passé de 5500 $ à 8250 $, ce qui représente une hausse de 50 %.

Les plaignants soulignent aussi que Château-Richer a dû payer des pénalités à six reprises au ministère du Revenu entre octobre 2015 et mars 2016 pour des retards de paiements de taxes, notamment. Le total des pénalités s'élève à plus de 9000 $.

Les plaignants soutiennent dans leur plainte que la dette de Château-Richer à long terme augmente beaucoup plus rapidement que la valeur foncière de la municipalité. Ils craignent que la situation n'engendre des hausses de taxes importantes pour les contribuables.

Les citoyens disent par ailleurs obtenir peu ou pas de réponses lorsqu'ils se présentent aux réunions du conseil municipal et notent que plusieurs dossiers se règlent en catimini à Château-Richer.

Le conseil municipal convoquerait régulièrement des séances extraordinaires à des heures inhabituelles comme 7 h le matin ou 21 h ou même lors de journées fériées.

Selon les plaignants, ces réunions extraordinaires sont souvent annoncées à la dernière minute et les ordres du jour de ces rencontres sont souvent plus remplis que ceux des réunions régulières.

Les plaignants estiment de plus que Château-Richer fait preuve d'acharnement dans certains dossiers notamment celui du directeur général de la municipalité, François Renaud, qui fait l'objet de procédures devant les tribunaux.

Le tribunal a jugé que François Renaud avait a été congédié de manière abusive après 18 ans de services et a ordonné sa réintégration. Or, le dossier est toujours en cour parce que la Ville refuse de dédommager M. Renaud.

Les citoyens se disent aussi inquiets de voir un nombre élevé de changements de personnel à la Ville. Entre avril 2011 et avril 2016, ils ont recensé 34 démissions, embauches, congédiement ou congés de maladie.

Ils citent par exemple la démission de la réceptionniste qui était en poste depuis 1997, l'arrêt de travail du directeur général pour épuisement, l'arrêt de travail de la greffière-trésorière, le congédiement du directeur général et la démission du responsable de l'urbanisme, entre autres.

Les citoyens réclament une vérification complète de la gestion des finances et des ressources humaines de la municipalité.

Le ministère des Affaires municipales, qui a reçu la première plainte en février 2015, se donne habituellement 60 jours pour traiter une plainte.

Malgré les délais plus longs, le ministère assure que le dossier est toujours à l'étude.

La Ville de Château-Richer préfère ne pas commenter, entre autres parce que le ministère des Affaires municipales ne l'a jamais contactée pour poser lui des questions ou l'aviser que des plaintes avaient été déposées.

Le ministère explique qu'il n'a pas d'obligation d'entrer en contact avec les individus ou organismes visés par des plaintes.

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