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Une étude pour comprendre la violence conjugale chez les gais

La violence conjugale chez les hommes gais demeure une réalité méconnue. Une chercheuse de l'Université Laval tente de mieux comprendre le phénomène et ses manifestations lors d'une rupture amoureuse.

Un texte de Maxime Corneau

« On sait très peu de choses sur la violence qui se passe dans les couples de même sexe, et on en sait encore moins dans un contexte de séparation », lance d’emblée Valérie Roy, professeure et chercheuse à l’École de travail social et criminologie de l’Université Laval.

Sa recherche tentera de comprendre comment s’opère la violence en période de rupture chez les hommes gais et bisexuels, une communauté plus à risque de subir de la violence conjugale.

Une violence différente

Valérie Roy rappelle qu’il y a « des manifestations de violence qui sont spécifiques au couple d’hommes ». Elle souligne par exemple qu’en période de rupture, certains individus menacent leur ancien partenaire de dévoiler leur homosexualité à leur famille ou encore leur état de séropositivité.

C'est ce genre de comportement qui sera étudié par l’équipe de recherche afin de mieux outiller les intervenants qui travaillent auprès de cette population.

Mme Roy soutient que dans la plupart des cas, les organismes qui interviennent auprès des victimes de violence conjugale n’ont pas d’expertise avec la population homosexuelle. À leur tour, les groupes qui travaillent auprès des gais ne connaissent que très peu cette problématique.

Les gestes de violence tendent aussi à se transformer à travers les époques. Depuis plusieurs années, la technologie a amené la multiplication des cas de harcèlement téléphonique, et même d'individus qui ont été suivis par leur ex-conjoint à l’aide d’application dans leur téléphone intelligent.

Portrait québécois

La recherche de Valérie Roy sondera au total une trentaine d’hommes, victimes et auteurs de violence conjugale. L’équipe recherche d’ailleurs toujours des candidats.

Ces individus proviendront de Québec, Montréal, Rimouski, Trois-Rivières et Gatineau. Selon Mme Roy, il est essentiel de prendre en considération la réalité régionale puisqu’elle peut grandement influencer les résultats.

« On sait qu’en région, il peut y avoir des obstacles particuliers. Il y a moins de services et moins de personnes issues de la diversité sexuelle », précise-t-elle

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