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Une famille congolaise séparée par la guerre enfin réunie à Québec

Séparée par la guerre depuis plus de 15 ans, la famille Kakudji originaire de la République démocratique du Congo est enfin réunie. Le dernier survivant de la fratrie, Jean Patrice, a pu enfin retrouver ses deux frères ainsi que sa jeune soeur, réfugiés à Québec depuis 2014.

Les retrouvailles émouvantes de la famille se sont déroulées, mardi soir, à l'aéroport Jean-Lesage. Âgé de 26 ans, le jeune homme était resté dans son pays sans pouvoir rejoindre ses frères et sa soeur parce qu'il était trop âgé pour être admissible au programme de réunification des familles, dont l'âge limite est de 22 ans.

Des raisons humanitaires lui ont permis d'être finalement rapatrié.

« Je suis vraiment content. Dieu soit loué, a exprimé l'aîné de la famille, Kalala, en voyant son frère. Il a grandi, il a beaucoup changé. Il est maintenant plus grand que moi. »

Kalala a fui le premier son pays en guerre en compagnie de son oncle vers la Tanzanie. Il a obtenu son statut de réfugié en 2001, mais demeure sans nouvelles des autres membres de sa famille.

Le Service d'accueil des réfugiés de Québec (SARQ) ne réussit qu'en 2014 à rapatrier les deux plus jeunes, Kanisha et Ezechiel. Jean-Patrice, lui, doit demeurer dans son pays déchiré par la guerre. Il n'est pas considéré comme réfugié et n'est plus admissible au programme de réunification des familles.

« Il ya tellement d'embouteillage réglementaire dans la loi de réunification familiale que, comme il était maintenant majeur, il ne pouvait pas se prévaloir de l'extension réglementaire pour les mineurs orphelins que j'avais pu obtenir pour son petit frère et sa petite soeur », raconte Andrée Juneau du SARQ.

Il a fallu se débattre pour avoir des considérations humanitaires pour qu'ils puissent entrer.

Andrée Juneau du Service d'accueil des réfugiés de Québec (SARQ).

Des pressions du ministre de l'Immigration ont permis de dénouer le dossier de la famille Kakudji. L'élection des libéraux à Ottawa a aussi permis d'accélérer le processus, croit Mme Juneau.

« Je pense que la réunification familiale, c'est le moteur de la rétention et de l'intégration. À partir du moment où le règlement exclut les frères et les soeurs, ça crée des situations invraisemblables. Ça n'a aucune espèce de bon sens. »

André Juneau qui s'occupe du dossier de la famille depuis leur arrivée à Québec plaide pour un assouplissement des règles. Une quarantaine de famille de réfugiés se trouverait actuellement dans la même situation que les Kakudji, déplore Mme Juneau.

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