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Une incursion dans le métier de préposé aux bénéficiaires

Les préposés aux bénéficiaires, qui font partie du Front commun dans les négociations du secteur public avec le gouvernement, souhaitent que leur travail soit davantage reconnu. Mais en quoi consiste ce travail? Voici une incursion dans le métier de préposé aux bénéficiaires à la base des soins de santé au Québec.

Pour Suzie Martel, une passionnée qui travaille depuis 27 ans auprès de la clientèle âgée, le métier de préposé aux bénéficiaires comporte son lot de défis et de bonheurs.

« Le contact direct avec les gens me plaît beaucoup. Quand la journée finit à 3 h, je suis contente de ma journée », dit-elle.

Le temps manque auprès de bénéficiaires, dit Mme Martel

Le travail commence tôt pour Mme Martel, qui côtoie les résidents du Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Loretteville.

« Le matin, on prend un petit rapport, qu'on lit, de ce qui s'est passé la nuit ou la veille, et de 7 h à 8 h 15, toutes les activités de la vie quotidienne que nous, on fait sans aide, on assiste les gens quand ils en ont besoin : le lever du lit, l'hygiène personnelle, conduire à la toilette, la salle à manger, brosser les dents », énumère-t-elle.

L'alimentation, la toilette, les bains, assister à la marche et au déplacement des personnes en perte d'autonomie font partie du travail à accomplir au quotidien.

Tâche plus lourde

Les préposés préparent les bains pour les bénéficiaires.

Dans les dernières années toutefois, le travail a évolué. La relève manque et la tâche est devenue plus lourde, souligne Suzie Martel.

« La clientèle a changé, elle est un peu plus lourde, a besoin d'un peu plus de soins qu'avant et la durée du séjour est écourtée. »

Dans son CHSLD, le ratio est de un préposé pour environ six résidents.

Le manque de temps a des conséquences sur les services et les liens créés avec les résidents, déplore Mme Martel.

« J'aimerais leur accorder plus de temps, ne serait-ce que pour les maquiller un peu, rendre leur séjour le plus agréable dans un milieu de vie qui ressemble le plus à la maison, mais ça, c'est des petites choses qu'on ne peut pas faire. »

Meilleur salaire

Un meilleur salaire aiderait à attirer la relève et alléger la tâche, estime Mme Martel.

« On s'occupe d'humains et je trouve que le salaire n'est pas assez élevé pour tout ce qu'on fait dans une journée », dit-elle.

Le salaire dépasse à peine 20 $/heure au sommet de l'échelle de rémunération.

Dans les revendications mises de l'avant par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la centrale syndicale fait valoir que la charge de travail ne cesse d'augmenter et que les conditions de travail des préposées aux bénéficiaires se détériorent en raison des compressions budgétaires. La CSN demande que ce travail soit mieux reconnu.

Les membres des réseaux de la santé et des services sociaux font partie des employés du secteur public qui tiendront deux journées de grève jeudi et vendredi pour dénoncer la lenteur des négociations et les offres gouvernementales. Les employés du réseau de la santé pourront débrayer durant 42 minutes.

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