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Une messe pour célébrer la vie de personnes décédées dans la solitude

Gilles Kègle et les bénévoles de sa fondation ont célébré, vendredi matin, les funérailles de 28 personnes mortes pour la plupart dans la solitude.

Un texte de Maxime Corneau

Face à la foule rassemblée dans l'église Saint-Roch, Gilles Kègle a nommé tous les défunts dont les urnes étaient placées devant l'autel de l'église.

« Patrick est décédé le 13 septembre dernier, seul à son domicile. C'est tout ce que je sais de lui. Il n'avait que 29 ans », a dit timidement celui que plusieurs appellent le missionnaire de la paix.

Une histoire comme celle de Patrick, Gilles Kègle en a vu des tonnes. Depuis 30 ans, sa fondation s'occupe des funérailles de gens dont les corps ne sont pas réclamés. Ces messes ont lieu deux fois annuellement.

Sans cette intervention, ces dépouilles se seraient retrouvées dans des fosses communes, sans funérailles.

« Personnellement, ça fait 250 personnes que je découvre mortes à leur domicile, seules, sans personne », déplore M. Kègle.

Dans l'église Saint-Roch, de nombreux membres des familles des défunts ont répondu à l'appel de la fondation et sont venus rendre un dernier hommage à leur proche, desquels ils s'étaient souvent éloignés depuis des années. Certains sont venus d'aussi loin que la Gaspésie et le Nouveau-Brunswick.

Dans plusieurs cas, ce sont les bénévoles de la fondation qui retrouvent les membres des familles pour les aviser du décès d'un proche. « Il faut faire de longues recherches avec les enquêteurs », explique M. Kègle.

C'est l'archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, qui a célébré la messe. Il a répondu à l'invitation sans hésiter. « S'il n'organisait pas ça, ce sont des personnes qui n'auraient pas de funérailles. Chaque personne mérite notre respect », a dit le cardinal.

Si plusieurs personnes honorées ce matin étaient des bénéficiaires de la fondation Gilles Kègle, les hôpitaux de la région la contactent souvent directement lorsqu'une personne décède et que son corps est en voie d'être « non réclamé » selon la loi.

La Fondation a ensuite une entente avec Lépine Cloutier, qui lui offre un tarif préférentiel de 2500$ par service funéraire.

Face à une demande grandissante, Gilles Kègle implore les donateurs de se manifester pour aider sa fondation. « On arrive présentement, mais [pour] l'année prochaine j'ai toujours peur. »

Les urnes seront enterrées d'ici le mois juin dans une parcelle du cimetière Saint-Charles appartenant à Gilles Kègle.

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