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Une mesure spéciale pour recruter des charpentiers-menuisiers à Québec

La pénurie de main-d'œuvre en charpenterie-menuiserie est telle dans la grande région de Québec que le Commission de la construction du Québec (CCQ) a dû ouvrir le corps de métier à des travailleurs qui n'ont pas encore complété leurs études dans le domaine.

Un texte de Maxime Corneau

Cette mesure exceptionnelle est appelée l’ouverture du bassin de main-d’œuvre. L'industrie peut y avoir recours lorsque la CCQ détermine que moins de 5 % des travailleurs d’un corps de métier de la construction sont disponibles à l'emploi. Dans la région de la Capitale-Nationale, il s’agit d’une situation jamais vue depuis 2010, selon la CCQ.

« Ça permet de faire rentrer des personnes qui ne sont pas détentrices d’un diplôme dans l’industrie de la construction », résume Mélanie Malenfant, chef des relations publiques pour la CCQ.

Les candidatures ont été acceptées pendant une seule journée en juin. La mesure a permis à des travailleurs parrainés par des entrepreneurs de la région d'être embauchés comme apprentis.

L'employeur devait préalablement garantir un minimum de 150 heures de travail et s’assurer que le travailleur ait en main son attestation de formation en santé et sécurité au travail donnant accès au chantier.

Selon la CCQ, cette ouverture devrait avoir permis de combler les besoins les plus urgents pour les charpentiers-menuisiers. Les processus d'embauche sont cependant toujours en cours.

Bons souvenirs

Pour Mario Boucher, le président du Groupe Symaco, l’ouverture du bassin de main-d’œuvre est non seulement une occasion de recruter, mais aussi un bon souvenir. « Mon père était entrepreneur et j’ai eu accès à la construction comme ça », se souvient-il.

Celui qui est à la tête d’une entreprise de 25 employés confirme que la pénurie de main-d’œuvre frappe plusieurs secteurs de l'industrie de la construction. « C’est par période. Pendant les périodes d’été, c’est plus difficile de recruter. L’ouverture de bassin nous permet de recruter et d’élargir la quantité de candidats disponibles », précise-t-il.

Grâce à la mesure décrétée par la CCQ, il a embauché récemment un jeune travailleur qui ne détenait pas encore son certificat de compétence.

Son nouvel employé peut dès maintenant œuvrer sur ses chantiers en tant qu’apprenti, un statut qui se poursuivra pendant 6000 heures de travail. Après cette période, il pourra faire l’examen pour devenir compagnon.

Comme tous les candidats qui passent par l’ouverture bassin de main d’œuvre, il devra toutefois participer à des formations annuelles pour compléter les apprentissages acquis sur les chantiers.

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