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Une nouvelle exposition à Québec pour l'artiste Paul Béliveau

Les intermittences, la nouvelle exposition de Paul Béliveau est traversée par l'obsédante mélodie du temps qui passe. Ces œuvres, que l'on retrouve ces jours-ci à la galerie Michel Guimont, portent toutes l'empreinte du temps et de la mémoire.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Depuis près de 40 ans, Paul Béliveau explore la mémoire et le temps à travers une œuvre importante inspirée de son amour des livres. Au fil des années, l'artiste de Québec a bâti une formidable bibliothèque née de la littérature et de son imaginaire.

« Le concept, c'est une bibliothèque utopique. Même si les titres existent vraiment, les auteurs existent vraiment, le dos du livre est totalement refait. Ça me permet de faire des correspondances, des rencontres entre différents auteurs pour créer une thématique. »

L'empreinte de Marcel Proust est partout dans Vanitas, cette série de tableaux où le livre est déchiré, abîmé et précieusement conservé comme outil de mémoire. C'est particulièrement vrai dans la toile qui est consacrée à l'écrivain français, où l'on retrouve plusieurs livres de sa chronique À la recherche du temps perdu.

Auteur de prédilection de Paul Béliveau, Proust le rejoint dans sa quête mélancolique du temps perdu.

Le futur antérieur

Outre la série Vanitas consacrée aux livres, l'exposition Les Intermittences propose aussi des pièces tirées d'autres séries. La notion de temps se déploie encore dans Capture.

« C'est des captures d'écran d'événements qu'on a vécus, explique l'artiste. L'image est ensuite transférée sur papier, marouflée sur bois, vernie, puis repeinte avant d'être encastrée dans un cadre de béton. La technique donne l'impression de regarder un événement survenu dans 200 ans à cause du fini craquelé du papier et du béton ».

Le résultat est à la fois nostalgique, futuriste et apocalyptique, paraissant tiré d'un monde aujourd'hui disparu.

Les intermittences est une très belle exposition qui témoigne du regard de l'artiste sur le monde, un regard profondément humaniste qui se manifeste dans son travail plastique par d'abondantes références à la culture, au temps et à la mémoire.

Les intermittences est présentée jusqu'au 22 avril à la Galerie Miche Guimont.

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