Les ambulanciers de la Ville de Québec répondent à 70 000 appels en moyenne chaque année. Et leur rôle ne se limite pas qu'au transport de blessés vers l'hôpital. Incursion dans le quotidien des paramédicaux de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ).

Photos et texte Daniel Coulombe

Chaque quart de travail d’un ambulancier débute par une réunion avec son superviseur.

À toute heure du jour ou de la nuit, des équipes veillent au bon fonctionnement de chaque item et remplaceront au besoin les différentes trousses de soins ayant été utilisées.

Les ambulances sont minutieusement inspectées et préparées avant de prendre la route.

Une fois à bord du véhicule, l’équipe consulte le moniteur sur lequel seront transmises les différentes affectations ainsi que la disponibilité et la position des autres véhicules.

Premier appel de la soirée vers 20 h 20: un appareil en provenance du Nord transporte un nouveau-né présentant des difficultés respiratoires. Il faut le transporter de toute urgence vers l’hôpital.

Le poupon placé dans un incubateur sera transporté avec le plus grand soin grâce à des équipements spécialisés et un personnel hautement qualifié.

Sirènes et gyrophares sont en fonction, il n’y a pas une seconde à perdre. Les appels sont répertoriés sous différentes catégories variant de 1 à 8, le chiffre le plus élevé étant de gravité moindre. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une urgence de catégorie 1 et l’enfant doit recevoir les soins appropriés dans les plus brefs délais.

Immédiatement après le transport vers l’hôpital, l’équipe devient à nouveau disponible en cas d’urgence. Les journées sont chargées et les temps de pause sont souvent très courts, voire inexistants. Dans ce cas-ci, l’heure de repas n’aura duré que…8 minutes.

Le superviseur se doit d’être polyvalent et ses tâches sont multiples. Ici, Rémi Chouinard-Pelletier rédige le constat de décès d’un homme emporté par la maladie, seul dans son appartement à Limoilou. Avec l’aide des policiers, les informations recueillies seront transmises à un médecin.

Un accident causé par des facultés affaiblies survient peu après minuit dans le secteur de L’Ancienne-Lorette. Le chauffard serait peut-être blessé. L’impact a été si violent que le véhicule en a perdu deux roues. Pour l’instant, il ne semble pas y avoir d’autre personne impliquée.

Le conducteur fautif sera examiné sur place. Le superviseur Rémi Chouinard-Pelletier explique: « Nous ne sommes pas des juges. Notre travail consiste à soigner les blessés et à les transporter vers l’hôpital, peu importe qu’ils soient coupables ou non, d’une infraction. »

Une ambulance qui retourne à la centrale après avoir transporté un blessé grave sera désinfectée. Les ambulanciers prendront alors place dans un autre véhicule prêt à partir.

Il faut stocker une impressionnante quantité de matériel destiné aux ambulances. Toute pénurie viendrait compromettre les opérations sur le terrain.

Chaque ambulance du CTAQ contient au moins une peluche de Bobo l’ourson. Une figure réconfortante pour les enfants dans des moments difficiles.

Nettoyées, leur équipement vérifié et complété, ces ambulances sont prêtes à repartir. Les coûts liés aux opérations sont considérables: il en coûte 800 000 $ pour obtenir un permis d’opération pour une ambulance. À cela s’ajoute le salaire des ambulanciers, le carburant et l’entretien.

De plus, l’équipement à lui seul est onéreux: le chargeur motorisé permettant de faire entrer ou sortir la civière sans forcer vaut plus de 25 000 $. Une dépense nécessaire qui prévient de nombreuses blessures dues aux manipulations de lourdes charges.

La CTAQ reçoit nombre d’appels de gens qui croient à tort qu’un transport en ambulance garantit une priorité aux urgences. Or, il n’en est rien, les cas les plus lourds seront traités en priorité à l’hôpital, peu importe qu’ils soient ou non acheminés par ambulance.

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