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Une pétition dénonce la pesée des élèves à l'école

Une pétition lancée sur le site de l'Assemblée nationale demande au gouvernement de faire cesser la pesée des élèves dans les cours d'éducation physique.

Le texte de la pétition, qui a récolté jusqu'ici plus de 2000 signatures, remet en question la pratique qui existe dans les cégeps ainsi que dans certaines écoles primaires et secondaires et qui se fait parfois « devant tout le groupe ».

Certains enseignants mesurent aussi le taux de graisse et calculent l'indice de masse corporelle (IMC).

Les signataires soutiennent que « cette pratique est très nocive pour les jeunes souffrant d'un trouble alimentaire et peut même en être le déclencheur chez certaines personnes ».

La pesée peut aussi être « humiliante » et représente une « forme d'intimidation » pour les jeunes qui présentent un surplus de poids, font-ils valoir.

Expérience vécue

Mila Jamison s'est reconnue en voyant cette pétition en ligne. La jeune femme de 21 ans a abandonné un cours à deux reprises parce que la pesée était obligatoire.

L'étudiante au cégep de Limoilou a longtemps souffert d'anorexie et suit toujours une thérapie pour se sentir mieux.

« Il faut que j'aille sur une balance, devant des gens [...] il faut que je calcule mon IMC, ce n'est pas normal, ce sont des outils de médecin. Ce n'est pas quelque chose que je devrais fournir à mon professeur », dénonce-t-elle.

Mila Jamison est convaincue que sans ces exigences, les cours d'éducation physique seraient plus appréciés des étudiants qui ne sont pas tout à fait à l'aise avec leur corps.

Un indicateur qui n'est pas significatif

Cassandra Langevin, intervenante sociale à la Maison L'Éclaircie, à Québec, approuve la pétition qui réclament la fin des pesées en milieu scolaire. Elle travaille auprès des personnes souffrant d'anorexie et de boulimie et affirme que la pesée est une source de stress, surtout chez les personnes vulnérables aux troubles alimentaires. 

« Ça peut avoir beaucoup d'impacts. Plusieurs personnes peuvent être tentées après ça de se restreindre ou de faire attention », souligne-t-elle.

En partenariat avec l'organisme Anorexie et boulimie Québec, la Maison L'Éclaircie a d'ailleurs diffusé une recommandation aux écoles en ce sens l'an dernier, leur demandant d'éviter de peser les élèves et d'en mesurer l'indice corporel.

Le chercheur Jean-Pierre Després, de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), affirme que les recherches sur l'obésité et la santé ont démontré que ces données ne sont pas suffisantes pour déterminer l'état de santé d'une personne.

La pétition, parrainée par le député libéral de La Prairie, Richard Merlini, a été lancée le 9 août.

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